Salut et fraternité ! Alors que nombre d'entre-nous, pôv' terriens, nous lamentons de ce qu'il faut bien qualifier d'été pourri, d'autres aoûtiens moins conventionnels ont, eux, ressortis sans vergogne cache-nez, bonnets et moufles. Et apparemment, ils aiment ça. Il faut dire que là où ils passent les vacances, le soleil se lève vert et que les glaçons pour l'apéro font plusieurs mètres de haut. Reste plus qu'à trinquer avec un gros nounours blanc en bouffant des zakouski de morue et le bonheur sera parfait pour Notre Dame des Wisigoths...
Lundi 28 juillet 2008, mer du Labrador (pour ceux qui en douteraient
encore)
Goooood Mooorniiiinnnnnng !!! Brrrrrrr !!!!!!!!!
03h00 du matin, j'ai des frissons......... Cette fois ci ce n'est plus la porte du frigo mais celle du congélateur qui est restée ouverte..........
Grâce à notre bon vieux roi Baudoin 1er aidé de ses majestueuses ailes,nous avons franchi hier soir à 19h45, le 60° nord et sommes à 120 milles du cap de la Désolation. Sympa comme nom ! Ca donne envie.
Quoiqu'il en soit nous approchons de Frederikshaab, notre port de destination en terre Grolandaise que nous avons tous hâte de découvrir.
Je pensais autrefois qu'il y avait deux sortes d'hommes : ceux qui se couchent tard et ceux qui se lèvent tôt. Errarum humanum est. Il y a ceux qui ne se couchent pas du tout. En mer, cela en vaut parfois la peine. (Je dis parfois parce qu'aujourd'hui, je serais volontiers resté sous la
couette.......et qu'il faut bien dormir un peu).
Fanch (François pour les intimes) et moi étions du quart de minuit, samedi matin. Vous savez, celui que l'on préfère quand un sommeil profond vous plonge dans les bras de Morphée (gente dame très célèbre pour son savoir-faire, communément appelée « veuve poignée »), et qu'une voix d'outre-tombe, ayant fumée ses trois paquets de clopes, vient brutalement vous sortir. Cette même voix qui vous dit, une fois dehors : Putain, c'était vachement bien (non ce n'est pas Arno mais Pépo), la mer et le ciel se sont enflammés deux heures durant............... O kay !!!.......
Vous cédez la place trois heures plus tard à vos autres compagnons de fortune qui, eux, à votre deuxième réveil, vous disent les yeux brillants : O u a h !, le soleil s'est levé vert, je n'avais jamais vu ça avant......(dixit pitchoune).......Bon, hum ! ........
Quatre minutes plus tard, top chrono, à la barre, vous plongez dans un épais brouillard ...A ce moment là précisément, vous vous sentez un peu seul et, songeur, vous vous dites : putain de Morphée...........(je rappelle que ce site est interdit au moins de 18 ans)
Heureusement, à peine le brouillard disparu et le moteur stoppé pour cause de réparation de vanne, un fuck (je ne suis pas sûr de l'orthographe du mot) nous rend visite et me sort de ma torpeur pour me susurrer à l'oreille : t'inquiètes pas, « un tien vaut mieux que deux tu l'auras » (« Shining » tel est le nom du film pour tout ceux qui auraient encore des doutes sur mon état de santé mentale).
Le plus extraordinaire dans cette histoire est que je ne délire pas car ce phoque (ça y est, je me souviens de l'orthographe) est réellement venu nous voir comme d'ailleurs tous ces mammifères que nous avons croisés sur notre route depuis Québec (belugas, rorquals, baleines, marsouins, dauphins.........et j'en passe). Et le pire dans tout cela est qu'il avait raison car à notre tour, de quart de 03h00 à 06h00, nous sommes sorti du brouillard et avons assisté à ce moment magique du lever
d'un soleil vert. Quelques minutes plus tard, une horde de globicéphales surgissait et nous accompagnait quelques instants pour ce début de journée.
La terre est belle, la mer encore plus et nous vivons un voyage merveilleux (oui, ça m'arrive d'être sérieux)
A neuf heure ce matin, je me suis une nouvelle fois levé pour voir cette fois-ci, la silhouette déchirée du Groenland, se profiler à l'horizon.
Un seul mot : magnifique.
Nous approchons à 6 noeuds de la terre promise et partout autour de nous, des icebergs et des growlers (glaces dérivantes chargées du comité d'accueil sans fleur ni couronne, envoyées à la rencontre des bateaux).
Preuve, s'il en fallait, qu'il y en a pour tout le monde sur la planète.
A deux mains, si vous le voulez bien.
Philippe
Dimanche 03 aout 2008
Votre aimable serviteur vous fait toutes ses excuses pour cette interruption momentanée de sa chronique due à une mise au fer injustifiée (cela va de soi). Et oui, les jours passent et ne se
ressemblent pas. Nous avons jeté les amarres au port de Paaniut (Frederikshaab pour les intimes) à couple du bateau « Nanok » navire armé pour la pêche à la crevette. Après une grosse frayeur liée à « une saute de vent soudaine » lors de la manoeuvre d'accostage et après que le capitaine eu retrouvé quelques couleurs (comme quoi le danger se cache toujours où on ne l'attend plus), nous avons fêté dignement notre arrivée comme il se doit, accompagnés par quelques autochtones, désireux de faire connaissance avec les produits du terroir français et dignes représentants du choc des cultures, en matière de colonisation.
Plusieurs viendront à bord et quelque soient nos sentiments, nous ne sommes pas ici pour juger , venant nous-même d'un pays, grand donneur de leçons devant l'éternel, trainant derrière lui de belles casseroles dont nous devons nous souvenir en toute honnêteté.
Nous voici donc en terre Inuit made in Danemark, avec ses maisons de bois aux couleurs vives, accrochées aux flancs des montagnes rocheuses où seul le lichen et la bruyère colorent de ci de là (taratata) le noir de la pierre.
Deux jours passeront durant lesquels alterneront avitaillement, recherche de cartes marines, douche et sauna à l'usine de congélation de crevettes, lessives à l'école de pêche, rencontres et soirées
conviviales où se mêlent rires et langage des signes lorsque les mots ne suffisent plus......
Nous quitterons, non sans avoir fait le plein de gasoil, ce premier port, au son de la corne de brume ,dernier adieu à ceux qui nous ont accueillis et aidés. Direction : le sud. Cap : tout droit, comme d'habitude. A vrai dire nous naviguons en zigzag (j'adore ce terme marin qui irrite tant les puristes) afin d'éviter les icebergs omniprésents.
Nous gardons tous en mémoire et en image, cette journée du samedi 1er aout où nous avons navigué plusieurs heures durant à travers une mer de glace, complètement entourés de ces géants blancs, et cherchant un passage, guidé par François qui, parce qu'il n'avait pas fini sa soupe la veille, est resté accroché en haut du grand mât pour nous ouvrir la route.
Depuis, nous errons de fjords en abris, jetant l'ancre au coeur de paysages minéraux où nous cherchons désespérément une présence animale qui semble faire défaut. Je crois que la seule façon de voir un ours sera de mettre un appât. Le tout est de désigner lequel d'entre-nous servira à cette noble tâche. Nous nous contentons pour le moment de morues que nous pêchons à la gigue et qui abondent dans ces eaux. Pour le reste et hormis quelques renards que nous apercevons au loin, seuls
les mouches et les moustiques accourent en famille pour nous souhaiter la bienvenue. Comme c'est sympa.......... Le tout est de ne pas ouvrir la bouche et de rester les yeux fermés.
Aujourd'hui, nous somme dimanche et c'est la fête à Lulu. A l'heure où j'écris ces mots, Pépo et Pitchounette ont abandonné le navire pour partir en amoureux pêcher la morue à bord du zozo (équivalent des dorisses utilisées à la grande époque des Terre-neuvas pour se débarrasser des matelots récalcitrants)
Même bredouilles, nous espérons leur retour car, malgré tout, on les aime bien au village.
Je ne vous dis pas à deux mains car demain est un autre jour et je passe
le relais à un autre que moi, si vous le voulez bien.
Philippe.
Des bipèdes au grand coeur, des moustiques, du rorqual à bosse, des ours blancs qui squattent les bateaux... Notre Dame a encore fait de belles rencontres en remontant vers le grand nord. On attend avec impatience les photos de l'aventure. Pour en avoir un p'tit aperçu, le mieux, c'est encore d'aller faire un tour sur le blog de Dom Picou (www.vieuxvoyou.skyrock.com), un pirate qui s'est fait shangaïé sur le Dundee et qu'a pas l'air de le regretter. On le comprend...
Le havre-saint pierre 50°14N 63°36W / Blanc Sablon 51°24N 57°09W
Mardi 15 Juillet 5H30 nous larguons les amarres dans la brume – S'en est
fini de nos amis quebecois ; Jacynthe, Bertin, Didier et son fils
Vincent (voir leur site www.sggi.qc.ca), Sylvie etc ... Des gens que je
ne connaissais pas il y a 10 jours et dont je place désormais derrière
chaque prénom un cœur énorme – Une semaine de plus et NDDF ne suffisait
pas pour stocker tous leurs présents! Grand respect aussi à Charles et
ses deux filles ayant parcouru à plusieurs reprises le Groenland sud
dans ses moindres recoins sur un 28 pieds des plus classiques – Il nous
laisse ses cartes et de riches indications – 2 cartes sont manquantes
suite à un 360° du à une vague plus forte que les autres !
Allez hop, Cap au 135 vers blanc-sablon (env 280miles) avec trinquette ,
grand voile, flèche et artimon , vent faible par travers , épaulé par
le roi Baudoin (moteur Baudoin de1952) notre vitesse de croisière est de
l'ordre de 5 nœuds - Par un temps brumeux nous longeons des cotes aux
consonances indiennes : watshishou, nasisipi,natashquan,coacoachou ...
le tout rythmé par le passage de p'tits rorquals. Le vent ne va pas
tarder à rentrer trois quart arrière nous poussant vers blanc sablon
toutes voiles dehors à 6 nœuds – Nous y arrivons a 7h30 dans une brume à
couper au couteau (pour changer...) faut dire que l'usine à brume c'est
ici!
Blanc sablon : 10°C 1020Mbar 325 habitants , les courants y sont
fréquemment de 3 nœuds pour une épaisseur moyenne de la banquise de 84cm
(débâcle en fin mai), ça tombe bien nous on est le 17 juillet et la
glace a fondue, mais de la à aller se baigner ...
Blanc Sablon 51°24N 57°09W / Battle Harbour 52°16N 55°35W
Vendredi 18 juillet
6H30 on voit une dernière fois partir le ferry local dans une forte
odeur de morue. Effectivement dans sa manœuvre de départ, il brasse le
fond du port avec vigueur donnant naissance à ce parfum si
caractéristique! Partent aussi les coast guards avec lesquels nous
avons longuement dialogué sur leurs sauvetages de baleineaux dans les
filets et surtout du récent problème des ours blancs qui créent des
victimes humaines jusqu'à Blanc sablon. Ils montent sur les bateaux
jusqu'à 30 milles des cotes. 10H30, on attend en vain la fin de la brume
pour sortir de la baie... Nous larguons les amarres laissant Normande
(équipière depuis le havre st pierre) sur le bords du quai, sa fine
silhouette s'évanouissant dans la brume – Allez hop, route pèche – Nous
passons par la suite la pointe st amour, anse à loup, puis la baie du
diable – Pépo guette les growler a l'avant, Philippe les filets et moi
même ne quitte pas le radar de l'œil une seconde (méfiance) – 17H, au
sortir du détroit de belle isle nous croisons notre premier troupeau de
rorqual à bosse – Une dizaine d'individus envoyant leurs évents à 3m de
haut , accompagnés de chants caverneux très puissants – 23H30, suite à
une météo orageuse instable, nous mouillons à château bay 52°00N 55°53W
– Pitts harbourg; crique au milieu de terres élevées de 170m offre un
mouillage confortable par 14 brasses (et oui certaines mesures sont en
mètres , d'autres en brasses, pieds, les bouées de chenal sont
inversées...mais pas les cardinales logique non!). Dès le mois de
juillet la débâcle des glaces laisse la place à des hordes de mouches et
moustiques maitres des lieux – On notera sur site , 6 pêcheries
(morues/saumons) avec petit hélicoptère à proximité .
Samedi 19
9H45 On lève l'ancre – 50 mètres de chaine à la manigouince ça
réchauffe son bonhomme! Au sortir
de la crique, brume, pétole... Le vent ne voulant pas rentrer on fait
route au moteur sur battle harbour .on y arrivera vers 17H-Ce village
était l'un des principaux port de la pèche à la morue (dans les années
1880 ) à moitié abandonné, avec certaines bâtisses écroulées et d'autres
intactes restées dans leur jus, très émouvant! On sent qu' ici la vie
n'a pas été rose tous les jours . Pour s'en convaincre à 18h30 par grand
bleu un 19 juillet il fait 9°C et l'on vient de croiser notre premier
iceberg
Battle Harbour 52°16N 55°35W / Cartwright 53°42N 57°01W
Lundi 21
Suite à de nombreux éléments contraires: vents , courants, houle, nous
rentrons de 3.5miles au fond d'un fjord au 52°38N 55°51W. (10min après
on est bouffé par les moustiques!) Fanch « le second » en profitera pour
plonger une trentaine de minutes dans de l'eau à 6°C et nous ramener
15kg de vanets gros comme des coquilles St Jacques! (merci fanch) –
Pépo quant à lui posera casier et filet de fortune nous permettant de
varier l'ordinaire, et de quelle façon! (une dizaine de petits crabes
des neiges , 2 solettes, 1 p'tiot flètant) . Pitchoune, elle
s'accommodera de tout cela pour comme à l'accoutumée nous en faire un
repas dont on se souviendra longtemps.
Mardi 22
5h ,on lève une dernière fois les casiers, puis route au moteur par un
soleil radieux! Le vent rentre en début d'aprèm ,toutes voiles dehors on
fait route à 7noeuds. Vers 18h en passant vers l'archipel des iles
Domino au 53°29N 55°48W on va faire la rencontre de nombreux petits
rorquals qui nous accompagneront pendant 55 miles jusqu'à Cartwright!
Nous y arrivons vers 6h30 . Pépo aura passé sa nuit à jouer au démineur
! Non, non, par sur le PC mais avec des vraies iles et de vrais courants
, du style golf du Morbihan fois 20... du grand Art
Cartwright: ville de 629 habitants desservie principalement par ferry
;aucune liaison routières à ce jour avec le reste du continent. Il y
fait très beau temps, nous allons pouvoir y flâner de long en large à
la rencontre des ces habitants
Dom Picou
@ suivre
La Grande Traversée ! Pour Notre-Dame, cela fait plus d’un quart de siècle que ça dure. Mais celle-là, forcément, a valeur de symbole pour tous ces équipages qui, partis de La Rochelle au printemps dernier, célèbrent, toutes voile dehors les 400 piges de Québec. A quoi il pouvait donc ressembler le canot’ de Champlain ? Et le bonhomme lui-même ? Il avait pas un peu par hasard la gueule d’un Pépo au poil hirsute après trop de bords tirés sur la grande bleue ? Le fantasme s’arrête là. Heureusement ! Parce que côté missionnaire, on a fait mieux dans l’histoire de la marine à voile ! Quoi que… du vin de messe, c’est pas ça qui manque, dieu merci, sur Notre Dame la bien nommée… Allez, foin d’élucubrations avinées… Marie, la belle Marie a quelques trucs à nous raconter le long du Saint-Laurent.
Le 2 juin, nous quittons Cap-aux-Meules pour une grande traversée jusqu'à...La Grave, coin de pêcheurs pittoresque de l'île du Havre Aubert, la plus sud de l'archipel des Madeleines, une petite dizaine de milles en compagnie d'un garde-côte et d'un nouveau copain français, resté aux Îles parce que tombé en amour, tous deux sympathiques comme des madelinots.
D'après un type qui y a passé son enfance, il y a à peine 40 ans, à La Grave on marchait dans les filets plein de poissons. Aujourd'hui plus touristique l'endroit est tout-de-même magique, la lumière douce sur la grande dune, le Café de La Grave, toujours plein de musique et d'hurluberlus, (comme Henry qui nous a fait une démonstration de son trébuchet moyenâgeux), entre les oiseaux et les gens, que du bonheur...
En nomades on rencontre, parfois on aime, et on quitte. La planète toute ronde fait toujours rouler nos bosses. Chaque escale ressemble dans les souvenirs à tel ou tel sourire, celui des Madeleines était bien doux mais la route doit continuer! Ainsi une légère brise de sud-ouest nous pousse vers Gaspé.
Le lendemain nous passons la roche percée, une légende raconte qu'elle serait le résultat de la transformation d'un bateau pirate qui avait enlevé une damoiselle nommée Blanche, partie rejoindre son fiancé à la Nouvelle France. On dit qu'elle se jeta à la mer plutôt que de devoir épouser le méchant capitaine pirate et que la brume qui tournoie autour de la roche percée, c'est l'âme de cette jolie normande pleurant son amour, non consommé quel gâchis...
Et nous trouvons bientôt Gaspé, du micmac "Gespeg": la fin des terres, à sa place, au fond de sa grande baie, belle comme tout avec ses phoques et ses rorquals. Ce n'est pas encore le Saint Laurent mais on s'en approche!
Une dizaine de jours là-bas, à nous entendre dire comme depuis la Nouvelle Ecosse, que l'été arrivera demain... C'est là que nous rejoignons la flotte de la Grande Traversée de l'Atlantique, un rallye commémoratif de la route de Samuel Champlain, organisé pour le 400ème anniversaire de la ville de Québec.
Y participent tout un tas de marins parfois peu expérimentés, ceux-là ont réalisé leur rêve de traversée grâce à la garantie de sécurité qu'offrait un voyage collectif et suivi par la terre.
Du coup les gaspésiens nous attendaient avec impatience, retardant pour laisser de la place dans la marina, la mise à l'eau de leurs propres bateaux, alors que leur saison de navigation est déjà bien courte à cause des glaces qui figent le golfe du Saint Laurent presque toute l'année.
On nous a préparé moult beuveries et animations... Entre évènements officiels et rencontres naturelles, on se sent comme chez nous.
Et tout au long du fleuve ce sera la même chose, les gens sont ravis de nous accueillir et mettent en œuvre tout ce qu'ils peuvent pour nous laisser un excellent souvenir de la Gaspésie...Et ça marche!
En fait, les cousins québécois nous adorent par principe et on ne peut pas s'empêcher de partager la liesse de ces espèces de retrouvailles. On nous dira plus loin, avé l'accent, "Tu connais-tu la différence entre un français et un maudit français?" A votre avis...
Nous retrouvons aussi Valou et Belou - et son gros zoom - le trio de choc, venus couvrir la G.T.A de leurs beaux regards.
Nous baguenaudons dans la nature sauvage, magnifique, nous festoyons et nous repartons bien sur...le 16 avec à notre bord messir et madame Parnaudeau, Roro l'aventurière est venue avec son homme qui à adoré son séjour, surtout à quai...
Sur la route de Rimouski, entre deux vallées, le vague vent d'Est nous fera tourner sur nous même, et en bourrique!
Après l'accueil de Gaspé et sa beauté naturelle, Rimouski, plus urbaine nous parait un peu terne mais rien de grave, de toute façon nous poussons toujours plus loin dans l'entonnoir inversé du fleuve et nous voilà bientôt à Tadoussac, tabarnak.
Là-bas le relief sous-marin et les courants font du fjord un garde-manger pour baleines. Il y en a en masse! Avec aussi des troupes de bélugas, dons les corps nacrés font croire aux sirènes... C'est dans cette baie superbe que nous apprenons que François est reçu sur dossier au lycée
maritime, pour devenir sans aucun doute à son tour un fameux capitaine!
Le 22, nous touchons Cap-à-l'Aigle où une chouette fête nous attend et encore ,des balades en forêt...
Le 24, Jour de la saint Jean, fête nationale du Québec, toute la flotte se rassemble au bassin d'un chantier naval près de la ville. Enfin, à l'heure dite, nous faisons une belle arrivée groupée. Mieux, nous paradons sous les drapeaux québécois que toute la foule agite en nous
criant BRAVO! BIENVENU A QUEBEC! Le maire da La Rochelle est là, celui de
Québec itou, d'autres personnages encore et même Max Gros Louis, le grand chef de la
nation Huronne Wendate. Après cela nous prenons place dans l'avant port grâce à ceux qui se
sont démenés pour que nous puissions amarrer notre foyer au cœur de la ville.
Québec donc nous y voilà, merci à tous ceux que nous avons croisé avec
tant de plaisir sur notre chemin, pour ma part je tombe amoureuse de la Belle Province, tranquillement pas vite...
Ce soir des québécois, adorables pour changer sont venus pinter avec nous, ils jouent de l'accordéon dans le carré, on peut dire que c'est pas si pire hostie de calice!
La différence, c'est que le français il a son billet de retour...
Marie
Vous vouliez des news ? En voilà ! Deux ans jour pour jour ! Deux ans que nous attendions qu'une nouvelle page du journal de bord du bateau s'ouvre pour notre plus grand plaisir. C'est chose faite avec ces quelques souvenirs de mer de Pitchoune. Ca commence bien sûr, comme d'habitude à La Rochelle. Quant à savoir où tout
cela finira... Bon voyage !
Bonjour les amis
8 mois de voyage sont passés! Cela nécessite un
petit résumé et beaucoup de mémoire...
L'équipage se compose du capitaine Jean-Pierre, dit Pépo, de Pitchoune, sa femme, de Marie, la petite Prunette du bord qui fêtera ses 18 ans le jour de notre arrivée à La Rochelle, le 13 septembre, et de François,20 ans, dit Fanche, le second, qui est depuis 3 ans à bord!
Nous sommes partis de La Rochelle le 18 septembre 2007 en tant que bateau accompagnateur de la Mini-transat 6,5O m.(89 mini et 7 bateaux accompagnateurs).C'était un grand jour, aussi, car notre fils Fabien, le 617,prenait pour la 1ère fois le départ d'une course.
Le rôle du bateau accompagnateur consiste à prendre les positions des mini qui nous entourent. Nous sommes reliés, par iridium, avec le PC. Les informations nous arrivaient sur l'ordinateur ou par téléphone. Si la balise d'un concurrent n'émettait plus, c'était le bateau accompagnateur
le plus proche qui se dirigeait vers lui à partir de sa dernière
position.
L'équipage était excité et en forme. La moitié d'entre eux n'avaient jamais fait de traversée. Beau temps, belle mer, le rythme des quarts commençait à rentrer que déjà nous arrivions à Madère.
Le 28 septembre, à Funchal, les trois quarts des bateaux étaient arrivés, dont Fabien en 6ème position. Isabelle Joschke était 1ère très loin devant les autres! Allez les filles...
La joie d'être à Madère, la belle, l'ambiance chez les ministes, la chaleur, les couleurs et la gentillesse des portugais.
Notre Dame était vite devenue un bel atelier pour les ministes, outillage, étau , fer à souder...
Un couple de portugais nous a fait cadeau de trois caisses de pommes de leur verger! Jean Louis, qui débarquait là, faute de temps, nous avait rapporté un régime de bananes d'une de ses balades dans l'île.
Nous allions embarquer 4 filles, ce qui faisait 7 filles et 4
garçons. L'ambiance devenait chaude!
6 octobre 2007
Départ de Funchal direction les îles du Cap Vert, mais sans escale.
Les lignes de pêche trainaient, Brice et Laurent faisaient des concours de tartes aux pommes, Mélanie, des gâteaux au chocolat et les ministes nous semaient. Tout était normal.
Le passage entre les îles est toujours un peu dangereux surtout pour des petits bateaux car il y a des surventes dans les couloirs de montagnes. Quelques mini ont eu des difficultés. Puis, plus loin, Isabelle a cassé et a du faire demi tour pour réparer aux iles du Cap Vert ainsi que 2 ou 3 autres mini.
Quentin, le 628, avait heurté dans la nuit un gros objet flottant qui avait brisé son bateau. Il avait sauté dans sa survie avec sa balise de détresse. Il a été hélitreuillé 1 ou 2 jours plus tard. C'était triste pour lui qui avait construit tout seul son mini..Nous étions chargés de récupérer sa survie. La balise continuant d'émettre, c'était plus facile de la retrouver.
Le 21 octobre, passage du pot au noir avec de violents grains. Vive les douches sous la pluie, mais pas trop longtemps. Parfois les minis étaient empétolés des heures en essayant de trouver la moindre brise qui le ferait avancer, puis le grain arrivait et parfois très fort et il fallait vite réagir sinon gare à ne pas casser ton mât ou à déchirer tes voiles!!...
Quand il n'y avait plus de vent sur le Notre Dame c'était la baignade.Ca sautait, plongeait de partout, se lançait d'une drisse, ça criait, riait...nous avions la plus belle piscine du monde!!
Nous avons passé l'Equateur le 25 octobre. Le pétillant n'était pas bon, mais la chanson de Rolande était géniale.
Elle est pour toi cette chanson,
toi le cap'tain, l'ami Pepo
qui a amené à l'Equateur
une bande de gais navigateurs
qui ignoraient l'vocabulaire
pratiqué par les gens de mer
Lofer, border et empanner
ce sont les termes du métier.
On a appris à naviguer
à r'garder d'où le vent venait
c'est pas encore tout à fait ça
mais on s'ra au top à Bahia.
Elle est pour toi cette chanson,
toi la Pitchoune, poupée d'Pépo
qui sait si bien nous régaler
de bons p'tits plats bien mitonnés.
Si elle n'est pas d'vant ses fourneaux
c'est qu'elle est est l'nez dans le dico
à chercher le mot à ressortir
à la partie de scrabble l'après midi.
C'est qu'elle est bonne la "gorette"
pour nous faire des mots de 7 lettres
chaque jour je prends une branlée
je vais finir par me vexer.
Elle est pour vous cette chanson
vous l'équipage, mat'lots, Pépo,
qui me faites bien rigoler
que j'en oublie tous mes balais
Ah,ça c'est un vrai bain de jouvence
que vous m'offrez pour mes vacances
au retour d'Notre dame des flots
vous viendrez manger chez Roro.
Mais nous n'sommes pas encore là
car il nous faut aller jusqu'à Bahia
pour boire des caïpirinhas
et pouvoir danser la samba!
Le 27 octobre, nous avions les îles Fernando de Noronha à 5 milles dans l'est. Hummm, nous approchions de la terre. Passés l'Equateur, beaucoup de balises n'émettaient plus, donc suspense! Yves Le Blevec était premier et nous avons apppris plus tard que Fabien était 3ème, au général aussi. Il
avait même péché un thon 2 jours avant l'arrivée!!
Il nous restait une semaine de navigation.... j'avais hâte
d'arriver pour embrasser le fiston.
Le 1er novembre, nous avons été accueilli en musique et notre cœur battait très fort. Une fois le bateau amarré, nous avons été poussé à l'eau, comme le veut la tradition, puis de belles Bahianaises nous ont offert une caïpirinha avec un grand plateau de fruits exotiques. Ce fut une énorme fête avec une petite pensée pour les mini qui étaient encore en mer!
PS:j'ai oublié de dire que nous nous sommes régalés de thons et de daurades.
Après la remise des prix, les bateaux désarmaient, les membres d'équipage nous quittaient peu à peu et le bateau était bien grand pour nous quatre! Nous sommes allés à Itaparica, une île en face de Bahia, et Fabien et sa compagne Patricia ont passé 3 jours avec nous. Farniente, ballade, baignade, kitesurf...c'était super!
17 novembre 2007, après avoir fait le plein de vivres et de gasoil, nous quittions Itaparica pour Joao Pessoa,485 milles dans le nord.
Quatre heures de quart à 2, toutes les quatre heures, ça changeait! Une grosse daurade nous faisait plusieurs jours.
Nous avions un vent de force 1 à 2 d'E/NE puis d'Est et à la fin de S/E. Nous avons remonté une rivière avec des bancs de sable. Ce n'était pas très facile car nous n'avions pas de carte, juste les explications d'un ami qui y était allé.
Nous étions à Jacaré, qui veut dire crocodile, chez Philippe, un français, propriétaire de la marina.
Le premier soir, nous étions au mouillage le temps de voir comment nous amarrer au ponton. Avec nos 3 m de tirant d'eau, nous ne pouvions être qu'en bout de ponton, en épi. De plus, le courant était très fort donc nous attendions l'étale. A quatre, il faut tout anticiper. Philippe nous avait assuré que c'était sa construction et que tout était très solide!
Un bateau français était déjà là et un autre arrivait, avec deux
charmantes filles, deux jours plus tard. La marina n'était pas
terminée, mais les douches existaient et c'était un grand bonheur.
Nous étions bien dans ce petit village. Deux autres marinas longeaient la rive avec des grands restaurants qui attiraient pas mal de touristes. Et des le premier soir, au coucher du soleil, nous étions étonnés d'entendre le boléro de Ravel, puis une minute après encore le boléro...quelle cacophonie!
L'histoire disait qu'il y avait peut être 2O ans de ça, un navigateur était à cet endroit là, avec son bateau et il possédait un piano. Chaque soir, il jouait. Il s'était lié d'amitié avec le patron du seul bistrot qui faisait aussi restaurant et il lui avait suggéré de mettre de la musique le soir. Il avait donné au restaurateur une cassette du boléro et depuis, ça ne s'arrête plus!
Le 27 novembre, nous avons fêté les 20 ans de François, chez Philippe, avec BBQ et piscine et cadeaux et musique et partie de pétanque. Et oui, Philippe avait tout prévu pour la détente!
Nous étions si bien que nous y sommes restés jusqu'au 5 décembre. Cela ne nous a pas empêché de faire plein de travaux à bord.
Philippe est compétent. Il aide tous les bateaux et nous fait gagner du temps. Il est possible de laisser son bateau et partir, même plusieurs mois, en toute sécurité!
5 décembre, départ de Jacaré.
Vent d'Est force 3, nous marchions bien, puis quelques jours plus tard la pluie arrivait, puis des grains. Nous avions pris large pour ne pas croiser les petits bateaux de pêche. Ce fut une remontée tranquille et agréable.
Nous avons remonté le fleuve Mahury jusqu'à Degrad des cannes. Des dizaines d'oiseaux piaillaient et se perchaient sur les bômes, le bout dehors, comme si nous n'existions pas. Nous avions pris un coffre devant la marina.
Nous étions le 15 décembre et nous venions de parcourir 1392 milles. La marina était pleine de bateaux habités avec machine à laver sur les pontons. Ceux qui n'étaient pas habités devenaient très vite épaves avec du moisi partout, les bâches arrachées...
Enfin, quatre filles et un garçon venaient nous rejoindre et allaient égayer tout ça!
Nous avons loué un minibus et avons visité les alentours, un peu sous la pluie. Une partie de l'équipage est allé assister au lancement de la fusée Ariane qui est très vite partie dans les nuages!
Nous avons retrouvé Viviane, une amie de bateau qui habite maintenant le coin. Elle nous a bien aidé pour les courses et c'était agréable de se remémorer le temps passé.
Le 22 décembre, nous allions aux îles du Salut sous de très gros grains. Heureusement que ce n'était pas très loin. Le soir de noël alors que nous étions tous bien habillés pour la fête, même s'il pleuvait, le bateau a dérapé sous un grain violent. Cela ne nous a pas empêché de passer une très bonne soirée.
Le 25 décembre, nous partions pour l'île de Tobago où nous avons fait deux mouillages. Visite de l'île, reconnaissance pour trouver des bars sympas...nous nous sommes bien amusés.
Puis ce fut Grenade, avec sa nouvelle marina où très peu de bateaux comme nous n'iront pas tellement c'est cher. La visite de l'île, la route des épices c'est génial, le plaisir de cueillir de la muscade, des cacaos, des clous de girofle, des papayes...quel bonheur!
Puis l'île de Cariacou et Petite Martinique, juste pour faire du gasoil et les Tobago cays. Dommage, le vent était un peu trop fort et le ciel était gris.Ca reste qu'en même sublime.
Puis l'île de Bequia et ses rastas, et Marigot bay, un peu trop surfait maintenant.
Tout ce petit cabotage était très plaisant et l'équipage d'enfer. Nous ne rations pas une occasion de boire, de danser, de rire...merci à l'équipage.
13 janvier, arrivée en Martinique.
Nos amis à terre n'ont pas changé et c'est toujours un très grand bonheur de revenir.
Tout au long des 4 mois que nous sommes restés là, des amis de métropole sont venus nous visiter et c'était ce dont je rêvais le plus sachant que c'était notre dernière traversée.(cela ne veut pas dire que nous ne naviguerons plus! Seulement, nous visiterons l' Europe, plus vers la mer Baltique).Je voulais partager ces dernières vacances aux Antilles avec ceux que j'aime.
Pas toujours des vacances dirait Pépo! Nous avons du changer nos batteries et elles ne sont pas petites, et acheter un groupe électrogène. La caisse de bord en a pris un coup!!
Lors d'une de nos soirées, Pépo a été bousculé et il s'est fracturé des côtes. Il a eu très mal pendant 3 semaines et à peu près supportable 3 autres semaines....
Départ le 10 avril de Martinique. Nous sommes accompagnés par un gommier rempli de fous, ce sont nos grands amis, qui nous souhaitent bon vent!
Marick et Roby,qui habitent un voilier à Grande Anse, font partie du voyage jusqu'à St Martin.
Nous nous sommes arrêtés en Dominique pour faire le plein de pamplemousses et de légumes frais, mais pas réfrigérés.
Puis, un petit stop à Antigua pour faire 1000L de gasoil. Il n'y a que ça à faire, du moins à Falmouth. Par contre les Yachts sont magnifiques, mais nous faisions tâche!
13 avril, arrivée à St Martin. Nous profitons de nos amis avant qu'ils ne prennent l'avion.
Nous avions pêché deux barracudas en montant mais nous les avons remis à l'eau à cause de la ciguatera. Dommage!
Départ le 20 avril de Marigot.
Profitons encore un peu de la chaleur, nous ne sommes que quatre et une longue route nous attend.
Vent d'Est 2 à 3, puis deux jours après, il tourne S/Est et nous sommes entourés de grains. Il faut sortir l'équipement.
Le 24, le vent est SW avec encore des grains et des éclairs. C'était un beau son et lumières! Nous ne quittons plus notre équipement!
Le vent n'arrête pas de tourner. Il pleut encore des cordes mais nous sommes très contents d'arriver aux Bermudes. Nous sommes le 29 et nous avons parcouru 890 milles. C'est une île très plate avec des maisons basses et très colorées. Les gens sont très accueillants. Si vous vous promenez seul, la tête un peu basse, il y a toujours un "vieux noir" pour vous dire en anglais "vous ne vous plaisez pas aux Bermudes?"
La laverie n'est pas loin et bien des machines ont tourné!
Pépo consulte souvent la météo et notre départ de St Georges est prévu le 4 mai. Le lendemain il bruine avec un vent de SW 1 à 2. Le 6 mai, vent de Sud force 5,grains.
Le 7 mai, JOYEUX ANNIVERSAIRE Pépo! Nous sommes un peu secoués. N/NW 6,rafales à 7.
Il fait de plus en plus froid et nos vestes de ciré à Pépo et à moi, ne sont plus vraiment étanches.
Le vent n'arrête pas de tourner. Il est passé une demi journée SW 2 à 3,pour finir E/NE ,puis NE force 7.Nous ne nous rappelions plus ce que c'était d'avoir des gants trempés, nous étions gelés. Ce n'était pas possible d'aller à Halifax ou alors en se faisant très mal, donc, nous sommes descendus à Lunenburg (Nouvelle Ecosse).De plus, il ne nous restait
que 150L de gasoil. En faisant le fond des cuves, Pépo a vu que ce qui restait était complètement figé, comme de la gélatine. Le 10 mai au soir, nous nous amarrions au quai du musée de la pêche et nous avons été très bien reçu!
Nous venions de faire 792 milles.
C'étaient les douaniers, le lendemain qui étaient en colère de ne pas être prévenus aussitôt.
Ils étaient quatre et nous suivaient pas à pas. Ils ont fouillé le
bateau. Nous leur avons montré notre réserve de vin et de cigarettes enleur expliquant bien qu'il nous restait encore quelques mois de navigation et que ce n'était pas au Groenland qu'on allait se réapprovisionner!
Ils nous ont donné un permis qui prouve que le bateau a été visité et c'est terminé. Je leur ai dit qu'aujourd'hui 11 mai, c'est mon anniversaire mais ils sont restés froids comme des douaniers.
Pépo et François se sont mis au travail en nettoyant les cuves à gasoil et ce n'était pas une mince affaire.
Dés qu'il y avait un rayon de soleil, nous sortions tout ce qui était humide et nous profitions nous aussi de cette courte mais douce chaleur.
Des gens sont passés nous voir en nous proposant leur
service, gratuitement. Cela nous a bien aidé car tout est très loin. Sinon, Lunenburg est un très joli port, très touristique.
Nous nous sommes mis au beurre de peanut et aux pancakes.
Le Bluenose se regréait, il était superbe. Il y avait un autre trois
mâts, le Picton Castle.
Une fois le bateau bien retapé et nous aussi, nous avons repris la mer, c'était le 15 mai.
Un saut de puce d'une centaine de milles pour arriver dans la baie Marshall à Whitehead. Brume, bruine, froid.
Nous étions à quai, au fond d'une grande baie, bien protégés. Les petits bateaux dégueulaient tous les jours des centaines de kg de homards!
Nous avons bien tenté de nous ballader, même dans la brune, mais il y a une maison tous les 50m avec une grande route et c'est tout. Nous avons essayé le zodiac et il a fallu très vite rentrer car la brume nous a complètement désorienté!
Une dame du coin, devant faire ses courses, nous a proposé de nous emmener. En fait, le premier magasin se trouvait à 26 km et le premier bar aussi!!Ca c'est dur!
Nous sommes quand même restés 4 jours dans la brume. Les pecheurs ont été sympas, ils nous ont donné par deux fois 4 homards! et des beaux.
Le 21 mai, nous sommes repartis pour un autre saut de puce de 45 milles.
Le port de Hawkesbury sur l'île du Cap Breton.
Notre bateau, d'autant plus qu'il est français, attirait toujours beaucoup de curieux. Un capitaine au long cours, Captain Derek et sa femme Réjeanne nous ont proposé leur aide. Derek a beaucoup parler de navigation avec Pépo. Moi j'ai beaucoup "papoté" avec Réjeanne.
Ils nous ont même invité chez nous en nous rapportant du poulet et des frites de chez KFC. Et une autre fois, ils nous ont invité dans un resto chinois. Quelle gentillesse. Peut-être viendront-ils à Québec.
Le 26 mai, nous quittions Hawkesbury pour 115 milles de navigation jusqu'aux îles de La Madeleine. Nous venions de passer l'écluse de Canso et nous avons trouvé un lac. Une mer calme...ça éxiste! Nous avons vu des baleines et un très beau coucher de soleil. C'était reposant.
Une trentaine de milles avant d'arriver au port, le vent est monté à 25 nœuds, c'était prévu et tout s'est passé en douceur. Nous avons trouvé une place parmi les bateaux de pêche et c'est très bien. Nous sommes à Cap aux meules et des français vivant là, sont passés nous voir. Eux aussi nous ont invité chez eux en nous régalant de homards et de pétoncles géantes et de crabes géants!
L'île est belle et les ballades sympas. Ici, c'est leur côte d'azur. Je regarde par le hublot et nous sommes entourés de brume! C'est vrai, hier il faisait beau et en avons profité pour faire de la peinture.
Un journaliste est passé nous voir et son article passera vendredi mais nous serons surement partis.
Ils parlent de nous à la radio locale et les gens viennent nous voir et visitent le bateau.
Aujourd'hui, 2 juin, nous allons changer de port. Nous allons plus au sud, à 9 milles au Hâvre Aubert, qui est beaucoup plus désert, mais c’est l’fun.
Il fait un brouillard à couper au couteau. Nos amis français, un monsieur de la garde cotière et d'autres personnes feront parti du voyage.Le brouillard s'est levé en rentrant au port. L’endroit est vraiment magnifique !
A suivre...
|