JOURNAL DE BORD D'OELEN
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Jeudi 15 juin 2005

Ca sent l’écurie ! Enfin plutôt le gasoil si l’on en croit Pépette. Empétolée de chez empétolée, Notre Dame trouve un peu le temps long au milieu de l’Atlantique. Du coup, Pépo s’épile et mange du tartare de coryphène… allez comprendre !

Bien le bonjour !

Un petit mot du milieu de l’océan…
Nous avons quitté Saint-Martin mardi 30 Mai, dans l’après-midi, et avons repris la mer en direction des Açores. 2172 miles jusqu’à Horta. Et voila, fini les Antilles !!
La navigation se déroule très bien, mais depuis le départ, c’est une catastrophe, nous n’avons pas un souffle d’air, et le peu de vent qui veut bien se décider à venir ne nous est pas favorable. La météo est complètement détraquée ! Dans tous l’Atlantique Nord, le vent est Est (c'est-à-dire en plein dans le nez pour le cap que nous suivons), et quasi nul. Et puis, que l’on fasse une route Sud ou une route Nord, rien n’y fait, c’est le calme plat… Du jamais vu sur une période aussi longue. En règle générale, on a suivi un cap plus que Nord, route que le bateau n’avait jamais atteint lors de ses nombreux retours vers la France. A tel point que nous nous retrouvons maintenant encore plus Nord que sur la route des Bermudes aux Açores, à 300 miles de la route directe… Nous sommes par 37°10 N et 37°55 W.
Nous avons peu à peu perdu patience ! Mais à part attendre que la situation progresse et tenter de suivre les meilleures routes, tout en réglant continuellement les voiles, il n’y a pas grand-chose à faire. Les dorsales anticycloniques et les anticyclones (centres de hautes pressions atmosphériques, générateurs de vents faibles) se suivent et empêchent toute amélioration. Ils nous encerclent et nous bouchent le vent. Les dépressions qui se promènent autour de Terre-neuve ou du Portugal ne nous amènent rien de bon non plus, et le baromètre est bien haut…
Depuis Saint-Martin, le vent est Est / Sud-Est, force 0 à 3. Une vraie tempête ! La mer est tellement forte qu’elle ressemble à de l’huile. La pétole quoi. Au moins, pas de malades à bord… !!!
Nous avons fait beaucoup de voile et moteur (en même temps), mais peu de voile pure. Du coup, nous avons un peu trop tiré sur le carburant, et les cuves sont presque vides. Il ne nous reste plus que l’équivalent de 2 jours de gasoil (soit un peu plus de 200 litres), mais 450 miles sont encore à parcourir ! Enfin, ce n’est qu’un détail… On compte toujours arriver le 20 Juin à Horta, pour n’y séjourner probablement qu’une journée. Le temps de faire du gasoil, hi hi hi !!
Nous avons trouvé notre « rythme de croisière » : à la voile pure durant la journée, lorsque le vent le permet, et au moteur appuyé à la voile la nuit, car souvent, le vent tombe au coucher du soleil… On fait quand même nos 100 miles journaliers, voire plus !
Mardi 13 et mercredi 14, hier et avant-hier donc, il y a eu une légère amélioration. Le vent a tourné Sud / Sud-Ouest, et nous en avons profité pour faire du vent arrière, envoyer le gennaker mardi et mettre les voiles en ciseaux mercredi. Ce qui nous a permis de battre notre fabuleux record sur cette traversée, en atteignant le…6,3 nœuds, youhouuuuuu !
Enfin, tout cela n’a malheureusement pas duré assez longtemps pour faire plaisir au capitaine, dont le moral reste à peu près bon mais qui est tout de même découragé, et se demande de plus en plus s’il ne va pas se reconvertir en agriculteur.
Alors ON VEUT DU VENT ! Voila pour le côté pas drôle. La planète perd la tête ! Malgré tout, il fait très beau, même si on trouve que l’eau se rafraîchit au fil des jours… la douche devient difficile à prendre, c’est moche ! Mais cela reste toujours un plaisir !
A côté de cela, nous avons pêché 2 thazars d’environs 12 kilos, et 4 dorades coryphènes. De belles bêtes. Du coup, carpaccios et tartares à volonté ! Et poisson frais au menu quasiment tous les jours. Un vrai bonheur.
Les dauphins nous rendent souvent visite, nous en avons bien croisé 5 ou 6 fois depuis le départ. Ce sont des dauphins tachetés ou des dauphins communs. On voit aussi de plus en plus de bateaux, qui se dirigent tous vers les Açores (à part les cargos). Lorsque l’on est proche, on se donne un appel VHF pour discuter un peu, savoir ce que fait l’autre, où va-t-il, avec combien de personnes navigue t-il, c’est toujours sympa ! Et puis, ils sont dans le même cas que nous, ils n’avancent pas et attendent le vent, alors ça rassure un peu…
Voila voila pour les nouvelles. A part cela, tout va bien à bord, l’équipage assure, on mange toujours comme des rois, on déguste du chocolat Suisse, on se prépare des gâteaux, des crambles et autres sucreries… On ne se laisse pas aller quoi ! La date de retour approche vite vite vite, alors il faut bien qu’on en profite !
Je vous enverrai d’autres nouvelles (un peu plus ventées j’espère) au départ des Açores. Si jamais vous avez une formule magique ou que vous connaissez une danse efficace pour faire venir le vent, n’hésitez pas à nous tenir au courant, nous sommes preneurs !! Pépo a bien essayé de se couper les cheveux et la barbe pour faire venir le vent, mais cela n’a marché que deux jours. Et il n’a plus guère d’autres endroits où s’attaquer, alors bon…! On ne voudrait pas non plus que notre captain se transforme en Drag Queen.
A bientôt, et une bise de la part de tout l’équipage.

Hoelenn et le Notre Dame.


Mardi 30 mai 2006

Aujourd’hui, il a neigé dans le Jura. Aujourd’hui, c’est le 30 mai. La semaine de dernière, Hoélenn se faisait un « petit plouf dans l’eau translucide » pour se réveiller dans la tièdeur bleue turquoise de son « mouillage fétiche »… No comment.

Bonjour à tous !

Et bien oui j’exagère, et OUI ça fait pratiquement un mois que je n’ai pas donné de nouvelles, mais tout ça c’est normal = j’étais en vacances. Trois semaines de vacances en Martinique. Et pas de commentaires s’il vous plaît, Notre Dame des Flots s’est pris des VACANCES.
Je vais donc sacrément revenir en arrière… Après les Iles du Salut, nous avons fait route sur Tobago, qui se trouve juste à côté de Trinidad, tout au sud de l’arc Antillais, pas loin du Venezuela. Nous avons mouillé devant Scarborough - la capitale - le 3 Mai. Et avons retrouvé avec beaucoup de plaisir l’ambiance des îles anglaises des Antilles : c’est « cool », les gens profitent du temps qui passe ; dans la rue, les rastas se font concurrence en musique et poussent les décibels au maximum, au point de nous faire trembler quand on passe près des baffes. Les rues sont animées et très bruyantes ! Les voitures sont « tunning », avec vitres teintées, carrosseries colorées, drapeau rasta « rouge jaune vert » accroché au rétroviseur, lumières sous le moteur qui éclairent la route en bleu ou violet, ragga à fond… c’est tout un univers !!
La population est très sympathique, drôle et souriante, et le « tchek » est de rigueur : pour se saluer, on cogne doucement notre point contre celui de notre interlocuteur. C’est une marque de respect.
Après Scarborough, où malgré tout, le bruit a fini par nous avoir à l’usure, nous sommes allés mouiller à Store Bay, au sud de l’île. C’est un endroit touristique mais très joli. Nous avons profité du calme du mouillage pour se baigner et aller plonger.
Le 6 Mai, nous avons relevé l’ancre et pris la direction de la Martinique. Un bon vent d’Est/Sud-est nous a fait super bien marché lors de la première nuit de navigation, ce qui fait que nous avons très vite passé les Grenadines (avec un petit pincement au cœur de ne pas s’y arrêter !!), pour se retrouver au matin au large de Saint Vincent. On a pêché une belle bonite, et fêté l’anniversaire de Pépo, tranquillement.
Nous avons posé l’ancre sur le sable de Grande Anse d’Arlets, notre mouillage fétiche, dans la nuit du 7 au 8 Mai, à trois heures du matin, bien content d’être « de retour au pays » ! Quel plaisir de retrouver cette jolie baie… Evidemment, tout le monde était sur le pont à 7 heures du matin, avec une envie folle de débarquer à terre, et de retrouver nos repères et nos copains. Un petit plouf dans l’eau translucide, histoire de se réveiller et de reprendre nos bonnes habitudes, et nous étions parés.
Et voilà, c’est à partir de là que les vacances de l’équipage du Notre Dame ont commencé.
Avant ça, un peu d’histoire sur l’île… La Martinique, aussi appelée Madinina (l’île aux fleurs en créole), est située au milieu de l’arc Antillais, entre le tropique du Cancer et l’équateur, par 14,5° Nord et 61° Ouest, près de Sainte-Lucie au sud, et de la Dominique au nord. L’île fait 73 kilomètres de long et 39 kilomètres de large, soit une superficie huit fois plus petite que celle de la Corse !!
Pour ce qui est du climat… Bein c’est les Antilles quoi ! Il fait chaud chaud chaud, toujours entre 25 et 32° C. Il y a deux saisons distinctes : la saison sèche, ou carême, qui dure de fin Novembre à Mai, et la saison des pluies, ou des cyclones, qui s’étale de Juin à Novembre. Le paysage de l’île se compose de plages de sables blancs (noirs dans certaines anses) au sud, de montagnes abruptes et très vertes au nord.
La Martinique a été peuplée par les Arawaks il y a 2 000 ans, puis par les Indiens caraïbes, et ensuite par les colons. La population noire est arrivée à la fin du 17ème siècle en temps qu’esclaves, en même temps que des galériens, au moment du développement de la canne à sucre. Le 22 Mai 1848, Victor Schoelcher a abolit l’esclavage dans l’île (c’est aujourd’hui un jour férié), et plus de 70 000 esclaves ont ainsi été libérés. C’est alors que sont arrivés les travailleurs Hindous et Chinois, pour remplacer la main-d’œuvre manquante… L’île compte maintenant près de 380 000 habitants, qui sont noirs, mulâtres (descendants d’unions entre blancs et noirs), indiens coolies (ou hindous), et békés, les blancs créoles qui descendent des premiers colons européens.
La Montagne Pelée, haute de 1 400 mètres, est connue pour son éruption du 8 Mai 1902 , qui a entièrement détruit la ville de Saint-pierre, appelée avant l’éruption le « petit Paris » des Antilles. C’est suite à cela que Fort-de-France est devenue capitale. Elle compte actuellement près de 100 000 habitants.
On parle en Martinique le français et le créole. En 1946, l’île est devenue un Département d’Outre-Mer français (le plus petit, d’ailleurs !).
Voila voila pour la petite histoire… Quant à nous… Nous sommes partis de Grande Anse plus fatigués que lorsque nous sommes arrivés… !
Jacqueline, la mère de Pépo, et François, son frère, sont venus nous rendre visite pour 15 jours. Nous en avons profité pour louer une voiture et parcourir l’île, qui est vraiment belle. Tout pousse sur cette terre. Les fleurs tropicales, les fougères arborescentes, les énormes fromagers, les beaux flamboyants, les corossols, les pommes cannelles, les prunes de cithère, les arbres du voyageur, les palmiers royaux, les manguiers… La végétation est luxuriante (surtout dans le nord), et les couleurs magnifiques… Les forêts tropicales ont quelque chose d’envoûtant, avec leurs lianes et leurs racines qui se frayent un chemin par-dessus les routes…
Promenade à Fort-de-France aussi, qui est un mélange d’immeubles modernes et de villas créoles pleines de couleurs, très ouvertes, aux vérandas en bois. Il y a également de beaux monuments, tels la bibliothèque Schoelcher, la cathédrale, le marché, le fort Saint-Louis… Fort-de-France est une ville très animée le jour, pleine de vie et de bruits. Elle est bien plus calme la nuit. Nous avons bien sur fait un détour par le fameux marché aux épices et produits locaux, qui nous font saliver avant même de les avoir goûté, rien que par leurs odeurs…Colombo, paprika, cannelle, noix de muscade, cacao, piment, gousses de vanille, bois d’Inde, amande amère, confitures de tamarin, de patate douce, liqueurs de banane, « plaques » de cacahuètes caramélisées…MMMMHHHHMMMM !!! Les doudous nous interpellent, habillées de leurs beaux vêtements traditionnels en « madras », et parées de leurs plus beaux bijoux créoles.
A côté de cela, nous avons retrouvé beaucoup d’amis, rencontrés il y a plusieurs années, à terre ou en mer. Voila ce qui nous a fatigué ! La fête a battu son plein plusieurs soirs de suite. Nous avons aussi fêté l’anniversaire de Pitchoune, le 11 Mai. Puis nous en avons fait une dernière la veille du départ, histoire de revoir les copains une dernière fois, et de dire au revoir à tout le monde.
C’est en Martinique qu’Eric, notre passager Canadien, a débarqué. Et trois nouvelles recrues sont arrivées = notre Marie-Thérèse nationale, Sylvie, une amie parisienne qui fait son «baptême de navigation », et Pascal, un ami de Pascaline (qui avait fait la traversée avec nous jusqu’au Brésil). Nous nous retrouvons donc à sept jusqu’aux Açores, dans une ambiance plus que chaleureuse.
On a quitté la Martinique - à regrets ! – jeudi 25 Mai, en direction de Saint-Martin. Petite escale d’une nuit à la Dominique, afin de se reposer avant d’attaquer la navigation, et surtout d’acheter des fruits aux rastas qui se promènent sur leurs barcasses. Puis nous avons doucement repris la mer, vers le nord des Antilles. La route s’est super bien passée, nos nouveaux équipiers étaient à peine « barbouillés » ! Notre Dame a mouillé dans la baie de Marigot Samedi 27, à la tombée de la nuit. Nous allons profiter une dernière fois de la chaleur des Caraïbes, des eaux turquoise, des plats épicés et des jolis marchés colorés. Puis nous lèverons l’ancre mardi soir, cap sur Horta, aux Açores.
Voila pour les nouvelles fraîches du bord !
Quant à vous, j’espère que le temps s’est décidé à rester définitivement au beau fixe… De toutes façons, y’a intérêt, sinon on fait demi-tour entre les tours de La Rochelle le 1er Juillet ! Et oui, le retour approche à grands pas, dans cinq semaines nous sommes parmis vous…
Alors à très bientôt, et ne vous inquiétez pas, je vous donnerai des nouvelles d’ici là…

Hoelenn et tout l’équipage.


Lundi 1er Mai

Casser des cailloux à Cayenne, sous la pluie, le jour de la fête du travail… On t’avait prévenue, Hoélenn ; les virées avec pépo et Pitchoune, ça se finit toujours la gueule en vrac ! Mais là ! Finir au bagne avec un caïman centenaire, des écureuils eunuques et des hordes de sapajous sauvages… bonjour les joies de la plaisance ! Bon d’accord, c’est mieux que de tirer des bords carrés dans les pertuis, mais ça on lui dira pas. Pas avant qu’elle repointe son nez dans le port de La Rochelle…

Bonjour bonjour,
J’ai un peu traîné à donner des nouvelles ces derniers temps… Après notre belle escale à Fernando de Noronha, nous avons fait une escale de 3 jours à Fortaleza, au Brésil.
Le Brésil reste le Brésil, terre de contrastes ! Nous étions amarré au ponton d’un hôtel de luxe (seule « marina » à disposition des voiliers), où un portier nous ouvrait la porte d’entrée à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit… Les favelas où les Brésiliens vivent entassés les uns sur les autres dans des conditions précaires n’étaient installées qu’à 500 mètres de là. Mais ces fossés entre la population n’enlèvent en rien la gentillesse et la chaleur des Brésiliens ! C’est à chaque fois un plaisir de passer dans ce pays.
La ville de Fortaleza n’offre rien d’exceptionnel, je n’aurai donc pas grand-chose à vous en dire… Mais nous n’avons pas non plus pris le temps de vraiment bien « l’explorer ». Une journée à s’occuper des papiers, une autre de repos et une dernière en ville, cela passe vite. C’est là bas que Valou et Belou ont quitté le bateau. Nous nous retrouvons à 5 jusqu’en Martinique, du coup le Notre Dame semble un peu vide !!
On a pris la route de la Guyane le 20 Avril au soir, sous un ciel pluvieux et très orageux. Etant moins nombreux à bord, les quarts ont un peu changés. Nous nous organisons maintenant par quarts de 4 heures au lieu de 3, avec un quart de 6 heures dans la journée pour Pitchoune, Eric et François puisqu’ils sont trois. Bein oui quoi, y’a pas de raison qu’ils travaillent moins !!!
Nous sommes arrivés aux Iles du Salut jeudi 27 Avril au soir, après une semaine de mer à slalomer entre les grains pour parcourir 1010 miles. Nous n’avons fait que deux jours de voile pure lors de cette traversée, car le temps ne nous a vraiment pas été favorable. Le reste du temps, nous étions également à la voile, mais appuyés au moteur. Le pot au noir est subitement remonté avec nous, et nous nous le sommes « coltinés » durant 3 jours. Il ne nous a apporté que des lignes de grains et aucun souffle d’air, alors qu’on attendait désespérément les Alizés… Le temps était très lourd. Un grain de 10 miles de large (environ 18 kms) nous a rendu visite une nuit. Il nous est passé dessus puis est revenu dans l’autre sens, mais en encore plus gros. Il a entouré le bateau et a changé le sens du vent pendant plus de 2 heures. Nous avons eu le droit au même temps deux jours plus tard, où des litres de pluie nous sont tombés sur la tête en quelques heures. Les grains coupaient parfois complètement le vent, ou le faisait forcir jusqu’à 30 à 40 nœuds (qui nous a à un moment fait marcher à 10 nœuds avant qu’on décide d’affaler de la toile !).
On se méfiait donc de tous ces nuages noirs nous entourant sans arrêt. Ces averses ont perturbé plusieurs oiseaux, qui sont venus se réfugier à bord, la nuit = un pétrel à « cul blanc » (qui n’est pas beaucoup plus gros qu’une hirondelle), un jeune goéland, et un noddi brun. Le pétrel a passé la nuit dans la cabine d’Eric, qui a veillé sur lui avant qu’il ne s’envole !!
Pitchoune et Eric ont vu une belle météorite traverser le ciel, qui a éclairé le bateau d’une lumière vert émeraude. Nous avons passé l’équateur deux jours après le départ, et sommes à nouveau dans l’hémisphère nord !
En ce qui concerne la pêche, on a remonté un couple de magnifiques dorades coryphènes. Le mâle, qui avait une tête énorme, mesurait 1 mètre 65 pour 24 kilos, tandis que la femelle faisait 1 m40 pour 12,5 kilos. Belles bêtes ! Et pour rester dans le poisson, Pitchoune nous a concocté une délicieuse brandade avec l’espadon salé, un vrai bonheur !
En arrivant près des côtes Guyanaises, un courant de 2 à 3 nœuds nous a fait marcher à 8 nœuds pendant plusieurs heures. La mer autour du bateau ressemblait à une bouilloire…
Nous sommes arrivés aux Iles du Salut juste après la tombée de la nuit, jeudi 27 Avril, et avons mouillés dans la baie des cocotiers, devant l’île Royale.
Les Iles du Salut sont au nombre de trois = l’île Royale, l’île du Diable et l’île Saint-Joseph. Elles se situent à 15 km du continent, devant Kourou, un peu plus haut que Cayenne. L’archipel est formé d’une roche magmatique. Nous sommes toujours en pleine saison des pluies, et il y fait chaud et lourd ; mais les îles sont situées sur la route des Alizés de Nord-est, elles sont donc relativement bien ventilées.
Ces îles sont connues depuis le 19ème siècle comme lieu de transportation (prisonniers français emmenés dans les bagnes d’outre-mer) et de déportation (opération politique qui consiste à éloigner les prisonniers de leur pays d’origine) des bagnards (forçats et politiques). Les premiers y sont arrivés en 1852, les derniers en repartiront en 1954 ! 1938 sera l’année de l’arrêt définitif de l’envoi de bagnards en Guyane, mais il fallait bien que les derniers purgent leur peine jusqu’au bout ! Les eaux Guyanaises faisaient de ces îles une prison «intéressante », puisque le fort courant et les nombreux requins tournant autour des îles rendaient les invasions pratiquement impossibles.
Pour remonter un peu dans l’histoire, c‘est suite au décès du dernier général des galères en 1748 que Louis 15 décide de la suppression de l’autonomie du corps des galères, en le réunissant à la marine. La main-d’œuvre galérienne est donc employée à des travaux d’aménagement et d’agrandissement des arsenaux de Brest et Toulon, avant d’y être transféré. C’est là que les principaux bagnes français (avec Rochefort) ouvrent leurs portes. En 1852, le Gouverneur de Guyane annonce qu’il a besoin de main-d’œuvre, car la population Guyanaise a quitté le pays après l’abolition de l’esclavage (1848), pour des régions plus clémentes. Un décret concernant la transportation est voté, qui permet aux bagnes français de se désemplir au profit d’une terre d’accueil de l’autre côté de l’Atlantique. Les premiers bagnards seront donc des volontaires, mais pas les suivants…
Plusieurs bagnes ont existé en Guyane = celui de l’île de la mère, en face de Cayenne, celui de Kourou, ou encore celui de Saint Laurent du Maroni. Je ne vais parler que de celui que nous avons visité !
Sur l’île Royale, qui est l’île la plus haute (46 m d’altitude !) et la plus importante (21 hectares), se trouvaient les services administratifs et les bagnards de droit commun. Tous les travaux d’aménagements de l’île ont été entrepris par les bagnards, car à l’arrivée des premiers prisonniers, rien n’avait été mis en place pour les accueillir. C’est là qu’était centralisé le commandement des trois îles. Il y avait sur cette île une école primaire (pour les enfants des officiers et des surveillants), un presbytère, une église, un bâtiment des sœurs, un hôpital pour le personnel libre, un hôpital pour les bagnards, une maison des fous et un asile d’aliénés (la maison des fous recevait les fous non dangereux, qui étaient nourris, tandis que l’asile d’aliénés recevait les fous violents ou dangereux, qui n’étaient pas nourris et y restaient jusqu’à ce que mort s’en suive…), un phare, un sémaphore, un atelier, une machine à glace ! (après l’installation de l’électricité en 1933, pour le personnel libre), et une piscine aménagée par les bagnards au bord de la mer. Et bien sûr, une guillotine…
Les prisonniers étaient regroupés en chambrées, et il y avait un quartier cellulaire où se trouvaient les cachots. Jusqu’en 1928, les bagnards dormaient sur des planches de bois appelées « bas flans ». Beaucoup de ces bas flans étaient collectifs, et couverts de vermine. La largeur réglementaire par homme sur le bas flan était de 48 à 50 centimètres. En 1923, le journaliste Albert Londres visite le bagne, et au lieu d’en faire un rapport, il écrit une série d’articles de presse afin de dénoncer les conditions de détention des bagnards. Il demande à ce que des dispositions soient prises. Mais 5 ans plus tard, lorsque Mr Charles Perron, en cherchant à faire une enquête de moralité sur le bagne, se rend compte qu’aucun arrangement n’a encore été mis en place, et en fait un rapport au Gouverneur. C’est à partir de là que les bas flans ont été supprimés, et remplacés par des hamacs individuels.
En ce qui concerne les cachots, il y en avait des « clairs » et des «sombres ». Les cachots sombres ne laissaient entrer aucune lumière, et les détenus n’avaient le droit ni de parler ni de communiquer. Ces cachots étaient des cellules de 13 mètres cubes, construite avec un plafond très haut. La surface au sol n’était donc que de 4 m². Les bagnards dormaient sur un bas flan (qui était doté d’un anneau de bouclage en cas de besoin), et avaient à leur disposition une couverture, un sceau pour boire et un sceau pour faire leur besoin. Ils étaient nourris au pain sec et à l’eau pendant 2 jours, et avaient le droit à un bol de soupe le troisième jour. Ils pouvaient rester enfermés là-dedans durant 3 mois, et ne sortaient qu’une heure par jour.
Aux Iles du Salut, seuls les bagnards dangereux ou aliénés étaient enchaînés. Comme ils travaillaient, ils avaient tous un couteau sur eux, mais il leur était interdit de se battre dans les «cases » où ils dormaient.
En 1864, les condamnés étaient environ 1200 sur l’île. L’encadrement militaire était constitué d’un officier et de 80 hommes de troupes, en plus des gardiens. Les surveillants étaient célibataires ou mariés. Ces derniers venaient s’installer avec leur famille entière pour quelques années = les salaires étaient très attrayants !
Nous avons visité l’île, accompagné d’un guide historien qui nous a expliqué en détail l’histoire des bagnes Guyanais en remontant même jusqu’à l’histoire de France du 16ème siècle ! C’était intéressant.
L’île Saint-Joseph, quant à elle, regroupait les « fortes têtes » et les évadés. C’était le lieu de réclusion (qui pouvait durer de 6 mois à 5 ans) et également d’asile de fous. Elle a connut en 1894 la première tentative de soulèvement général = les anarchistes avaient décidés de provoquer une révolte, qui fut matée par les surveillants. 12 bagnards et 4 surveillants y trouvèrent la mort. En 1895 s’y trouvaient 441 condamnés, et en 1945, après que l’île fut désaffectée, 25 bagnards sont restés y demeurer.
Quant à l’île du Diable, elle fut uniquement affectée à la déportation, aux détenus politiques et militaires. Elle est maintenant interdite au public. C’est l’île la plus difficile d’accès. Un câble la reliait à l’île Royale, il servait au transport des vivres. Les bagnards étaient complètement isolés.
Voila pour la triste histoire du bagne des Iles du Salut. Pour vous donner quelques chiffres, 55 000 hommes ont été condamnés dans les bagnes Guyanais aux travaux forcés à temps ou à perpétuité (les transportés), 15 000 pour petite délinquance récidiviste (les relégués), et 600 étaient des déportés politiques et militaires. En tous, 70 000 bagnards ont été détenus en 100 ans, et sur ce chiffre, 50 000 hommes sont morts pendant leur détention (de mauvais traitements, maladies, folie ou autres). La principale cause notée sur les certificats de décès était la crise cardiaque…
Depuis 1965, et en raison de leur point stratégique, les îles appartiennent au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales). Un système optique de poursuite et d’observation des lanceurs de fusées est installé sur l’île Royale, et celle-ci est évacuée lors d’un lancement de fusée. Les îles sont « site classé » depuis 1981.
En plus de la visite des anciens bâtiments du bagne, qui se situent presque tous sur le sommet de l’île Royale, nous en avons profité pour faire le tour de l’île. C’est un espace remplit de verdure, avec des arbres tropicaux (flamboyants, arbres à fruits à pain, caoutchouc…), arbres fruitiers (bananiers, goyaviers, papayers, manguiers…), de jolies fleurs… Et parmi cette végétation, on a croisé de sacrés animaux ! Trois perroquets teigneux, des aras habitués à la présence humaine, qui sont venus nous croquer les orteils et nous courir après ; un caïman, qui a plus de 100 ans (ils étaient plusieurs au départ, dans une réserve d’eau de 4 000 m3, mais celui-ci les a tous mangé…) ; un paon qui nous a fait une belle roue ; des faisans ; des iguanes, qui perdaient leur peau car c’est l’époque de la mue (on s’est retenu d’en attraper un, il paraît que la chair est fameuse…) ; des agoutis, qui sont des petits rongeurs ressemblant à la fois au lapin, à un gros rat et à un écureuil sans queue (drôle de mélange, donc !) ; et le meilleur pour la fin = des sapajous, de minuscules petits singes, juste un peu plus grand que des ouistitis. J’ai bien faillis en ramener un en souvenir à Pépo tellement ils étaient mignons, mais je ne suis pas sure que cela lui aurait plu, et ça fait pipi partout paraît-il. Ils venaient manger des fleurs et des goyaves au creux de notre main, en posant délicatement leurs douces pattes sur nos doigts.
La baignade dans ce mouillage à l’eau saumâtre était impossible car il y avait 2 ou 3 nœuds de courant selon la marée. De plus, ces îles ont la réputation d’héberger nombres de requins, voilà une deuxième bonne raison de ne pas sauter à l’eau (surtout lorsque l’on ne voit pas à 50 centimètres devant notre nez). Les eaux abritent aussi beaucoup de tarpons et de tortues, entre autres.
Cette escale était courte mais très sympathique, et elle nous a permit de faire une petite pause avant de reprendre la mer.
Jean-Pierre et Pitchoune y ont retrouvé Pierrot, un marin qui vit en Guyane depuis 20 ans, et qu’ils connaissent depuis à peu près le même nombre d’années. Il navigue à bord du punch « LaHulotte », un catamaran, et fait du charter à la journée. Encore une fois, le monde est petit…
Nous avons relevé le mouillage vendredi 28 Avril en fin d’après midi, et avons mis le cap sur Tobago, près de Trinidad, au sud des Antilles. Il nous reste 325 miles à parcourir sur les 600 miles du départ. Nous fêterons peut-être l’anniversaire de notre capitaine là-bas, puisqu’il est né le 7 Mai. Nous ferons ensuite route sur la Martinique, où nous devons être le 10 Mai.
La navigation se passe bien, nous marchons à 6,5 nœuds et avons retrouvé avant-hier un ciel à peu près « normalement ensoleillé ». Ca fait du bien car il y en avait marre des grains et du ciel gris et couvert. La saison des pluies a commencée fin Novembre en Guyane, au lieu du mois de Janvier habituel, et le temps est complètement déréglé…
Et vous, quel météo avez-vous ? Nous avons pu avec plaisir capter une radio française aux Iles du Salut, qui nous a appris les bonnes nouvelles de la France, ce n’est pas jojo tous ça…
En attendant d’autres nouvelles de notre prochaine escale, je vous passe un grand bonjour de l’équipage, qui va d’ailleurs très bien.
A bientôt !

Hoelenn

 


Lundi 17 avril

« La jeune femme et la mer » ! Il ne lui reste plus que le panama bien vissé sur la caboche et le barreau d’chaise entre les dents et voilà notre Hoélenn métamorphosée en Hemingway des pertuis. C’est en tout cas en bonne voie si l’on considère la proportion croissante de rhum dans son avitaillement liquide et les espadons qui ont eu le malheur de croiser son chemin…

Bom dia !
Nous approchons doucement des côtes brésiliennes… Nous venons de faire une escale de deux jours, entre le 12 et le 14 Avril, dans l’archipel de Fernando de Noronha, qui est une jolie réserve naturelle située à un peu plus de 300 miles du continent.
Nous n’avons pas eu beaucoup de vent avant d’atteindre l’îlot principal de ce groupement d’îles (il y en a 21 !), mais on a fini par y arriver doucement, toujours en vent arrière, avec un vent d’Est / Nord-Est.
Nous désespérions de ne pêcher aucun poisson de toute la traversée quand, à moins de 30 miles de l’arrivée, une touche énorme nous a tous fait bondir sur le pont… Ca criait de tous les côtés « poisson, poisson, poooiiiiiiisssssssssooooonnn !!!!!!!!! ». Eric, Belou et François étaient tous excités de remonter une grosse bête… Il fallait faire attention à ce que la ligne ne se casse pas, surtout lorsque l’on s’est aperçu que c’était un espadon ! Alors là, je ne vous raconte pas la montée d’adrénaline à bord « ouaouuuuuh, un espadoooooonnnnnn !!! ». Les gars se sont chargés de le remonter doucement, en faisant attention de ne pas de brûler les mains sur le fil de pêche. Ils ont fatigué l’espadon en le remontant de quelques mètres puis en le laissant repartir, et en le remontant de nouveau. Au bout de 10 minutes, il était sur le pont, en train de secouer la queue comme un fou. Ca a une force faramineuse ! La table arrière a bien failli être réduite en miette, et il ne fallait pas trop traîner dans les parages pour ne pas se prendre un coup de queue dans les jambes. Le poignard qu’Eric lui a planté entre les deux yeux lui a été fatal ! Après, c’était l’heure des mesures : une jolie petite bestiole de 2 mètres 55, avec une queue de 90 centimètres de large, un rostre (son nez pointu) de 80 centimètres, et un poids total de 80 kilos !! Les filets faisaient près de 20 kilos chacun… Pas mal ! Nous avons maintenant à manger pour un mois !!! La moitié du poisson a été salée, l’autre congelée. Je n’en avais jamais mangé, c’est un vrai délice, très tendre et goûteux.
Du coup, nous avons rattrapé notre retard en matière de pêche en l’espace de 10 minutes, impeccab’ !!
Nous avons mouillé dans la baie de Santo Antonio en fin d’après-midi, sous un grain tropical et un double arc-en-ciel. L’île de Fernando de Noronha a une superficie de 18 Km². L’axe le plus grand mesure 10 Km et la largeur maximum est de 3,5 Km ! Pas bien grand tout ça. La base de cette formation volcanique se trouve à plus de 4 000 mètres de profondeur…
Le soir, nous avons fait la fête (un peu !) pour fêter les 8 jours passés en mer et les 1100 miles parcourus depuis Ascension. Ca s’est terminé à coups de sceaux d’eau et tout le monde est passé par-dessus bord… C’est un avant-goût des soirées tropicales sur Notre Dame des flots !
Nous ne sommes allés à terre que le lendemain matin, les papiers n’étant pas fait. Nous avons découvert une petite digue de pierres qui fait office de « port abris ». C’est là que toutes les «lanchas » au nez pointu (les bateaux de pêche traditionnels, en bois) mouillent, à couple les unes des autres, le tableau arrière vers le quai. C’est un beau spectacle car elles sont pleines de couleurs. A l’intérieur de ce petit port, une jolie plage de sable blanc, avec au fond un petit chantier, où des charpentiers travaillent sur les 7 lanchas en construction.
En faisant les papiers, nous avons retrouvé le rythme « latino », le rythme « pas de panique, on a toute la journée », et c’est bien agréable ! Les brésiliens prennent leur temps pour discuter, pour expliquer, pour poser des questions et écouter les réponses… c’est super.
Une fois les papiers réglés, certains d’entre nous sont retournés au bateau pour aller plonger, et d’autres sont restés à terre pour aller se balader et découvrir l’île.
Nous sommes actuellement en pleine saison des pluies au Brésil, qui dure de Janvier à Août. Et on est arrivé au moment des plus grandes pluviosités. Toutes les demies heures, et durant la journée entière, il y a de gros grains tropicaux. D’épaisses gouttes s’éclatent sur le sol, qui se transforme rapidement en boue. La pluie coupe le vent et forme des petits torrents sur les pentes des villages. Ca patauge, ça patauge ! Même si ça mouille, ce n’est pas gênant de rester en dessous car elle est bonne, et ça sèche vite ! De plus, cela nous rafraîchit, car il fait très moite, et l’humidité de l’air tourne autour de 81,5 %... Pas mal.
Valou et moi sommes parties nous balader toute la journée, dans le village, sur les routes bordées de beaux arbres (tamariniers, amandiers, flamboyants…), dans la boue à travers la forêt humide (nous avons d’ailleurs bien rigolé, les semelles de nos chaussures faisaient ventouses sur le sol et on a manqué de finir par terre à plusieurs reprises), sur les plages de sable blanc et fin, entourées de frégates, de fous de bassans et de pailles en queue (où on a nettement moins rigolé puisqu’en papotant dans l’eau, on n’a pas vu qu’on s’était fait dépaler vers les cailloux par un courant malin et discret, où les gros rouleaux turquoises s’éclataient. Mais comme on est super forte, on a réussi à s’en sortir… !)…
En tous les cas, c’était très agréable et bien mignon. Nous avons également eu beaucoup de plaisir à retrouver le sourire, la gentillesse et la simplicité des Brésiliens.
L’archipel est très touristique, mais d’un autre côté, le nombre de touristes est limité selon la taille des îles, et les infrastructures qui leurs sont offertes sont petites = pousadas, petits hôtels. Ce n’est donc pas l’invasion de touristes. Les locaux, même si leur économie tourne uniquement autour du tourisme et que ce dernier constitue la principale ressource financière de Fernando, ne cherchent pas à accentuer ce phénomène plus que nécessaire. Ils veulent continuer à préserver leurs îles.
Le soir, nous sommes retournés à terre pour découvrir les soirées de Fernando ! Nous avons fait la connaissance de deux frères - l’un construit des bateaux, l’autre travaille sur un bateau qui promène des touristes pendant la journée – et nous avons passé la soirée avec eux. C’était très sympa, bien que la caïpirinha fasse un peu mal à la tête…
Le lendemain, même programme : plongée ou promenade selon les envies. Les fonds sous-marins accueillent des centaines d’espèces de poissons tropicaux, tous plus beaux les uns que les autres. Mais les fonds en eux-mêmes sont un peu fades, ils manquent de coraux ou de belles gorgones… Fernando est – comme Ascension Island – un refuge pour les tortues vertes, ainsi que pour toutes sortes de requin (mais nous n’en avons pas croisé).
Nous avons quitté le mouillage vendredi 14 en fin d’après-midi, cap sur Fortaleza, dans le nord du Brésil. C’est dimanche aujourd’hui, et nous sommes à 100 miles de l’arrivée, qui est prévue demain dans la matinée. Depuis cette nuit, un ciel noir de grains nous entoure, et nous sommes accompagnés pas de beaux éclairs. Cela coupe un peu la chaleur quotidienne, ce qui n’est pas désagréable, même si l’humidité est importante.
Pas de poisson pour l’instant, en même temps, nous avons ce qu’il nous faut !!
Voila pour les dernières nouvelles du bord. Je crois qu’en France, vous n’arrivez toujours pas à vous débarrasser du froid…Brrrrr ! J’essaierai de vous envoyer de nouveaux rayons de soleil de Fortaleza.
Je vous passe le bonjour de tout l’équipage ! Qui va d’ailleurs bientôt être réduit à 5 personnes, avec le départ de Valou et de Belou d’ici quelques jours.
Alors à très bientôt !


Hoelenn et le Notre Dame.

 


Dimanche 9 avril

Je résume : il fait beau, super chaud, il y a des poissons et des tortues de toutes les couleurs et des militaires invisibles… En clair, si jamais vous rêviez d’aller faire un tour à Ascension, allez-y sur Notre-Dame ! Y a au moins toujours un coup à boire dans le carré
.

Bonjour tout le monde, un petit mot d’Ascension…
Nous avons quitté Sainte-Hélène le 27 Mars, après une semaine d’escale très sympathique. La navigation s’est bien passée, bien que nous ayons un peu manqué de vent dans les premiers jours !
Nous avons assisté à une belle éclipse de soleil durant toute la matinée du 29 Mars. N’ayant pas de lunettes pour ne pas s’abîmer les yeux, nous avons utilisé un verre de masque à souder = c’est très efficace ! Il y avait comme un « quartier de soleil », ça fait drôle de voir cela. L’éclipse totale était au dessus de l’Afrique centrale, nous avons eu droit à un petit bout.
Il a fait chaud chaud chaud, alors comme à notre habitude, on a accroché l’échelle derrière le bateau, pour se baigner et se rafraîchir aisément. On s’est fait arracher nos lignes de pêche à plusieurs reprises, par des espadons ou des gros thons, on ne sait pas vraiment. Toujours est-il que les lignes étaient coupées nettes. Du coup, nous n’avons pêché qu’un seul thon albacore, en arrivant à Ascension. Malheur de malheur …
Nous avons croisé beaucoup de « vaisseaux portugais », ces méduses rouges violacées qui traînent des filaments de plusieurs mètres derrière elles, ont une espèce de crête qui sort de la surface de l’eau pour pouvoir se diriger, et qui sont très dangereuses pour l’homme. Leurs piqûres peuvent être mortelles.
On a aussi pu admirer notre première frégate ! On arrive vraiment dans les mers tropicales ! Cet oiseau noir (et blanc parfois) a une envergure de près de deux mètres, et est très élégant. Le mâle gonfle une poche rouge sang sous son bec lors de la saison des amours, pour attirer la femelle.
Nous sommes arrivés à Ascension Island – pilepoil au milieu de l’Atlantique sud - le 2 Avril, et avons mouillés devant Georgetown, dans la baie de Clarence. De gros dauphins sont venus à notre rencontre juste avant d’arriver.
Georgetown est l’une des quatre localités de l’île. 1 200 habitants vivent à Ascension, sans compter la garnison militaire. Elle a été découverte en 1501 par un portugais, et est devenue possession Britannique en 1815 (en rapport avec l’emprisonnement de Napoléon à Sainte-Hélène, et pour revendiquer la possession contre les Français).
C’est une île volcanique d’aspect très aride et accidenté. Elle paraît moins haute que Sainte-Hélène car elle n’est pas bordée de hautes falaises. Pourtant, Green Mountain, son point culminant, s’élève à 858 mètres d’altitude, plus haut que celui de sa voisine. C’est une des rares parties cultivées de l’île ; elle est couverte d’une végétation luxuriante. L’île a 40 sommets, qui sont en fait de grands cratères de volcans éteints. Elle n’est pas très accueillante depuis le large. A de nombreux endroits, des coulées de lave descendent jusqu’à la mer. Il y a aussi des champs de lave, de cendres et de pierres près de l’eau. C’est une île « jeune ».
Ascension est un centre de télécommunications très important pour la Grande-Bretagne. Quand on arrive par la mer, on peut observer des dizaines d’antennes, de mâts, d’installations radios et de paraboles fixés un peu partout… ça gâche plutôt ce paysage lunaire. Il y a également un aérodrome militaire, qui fait office de piste d’atterrissage de secours pour les navettes spatiales américaines (il n’a bien sur jamais servi), ainsi qu’un centre d’observation européen pour surveiller la fusée Ariane. Une base militaire Britannique et une base auxiliaire américaine sont implantées sur l’île. Un accord existe avec les Etats-Unis, qui leur permet de faire fonctionner des équipements de contrôles et de suivis de missiles directement d’Ascension. L’armée de l’air Américaine y a aussi un centre de contrôle du système de positionnement par satellite (GPS) et d’autres équipements que nous ne sommes pas forcément amenés à connaître… Une station d’observation des satellites de la NASA a été construite en 1967, mais fermée en 1990 et remplacée par la station d’observation de l’agence spatiale européenne.
Un service aérien hebdomadaire existe pour les militaires entre Ascension, Antigua et la base militaire de Patrick Air Force en Floride. Des vols réguliers vers les Malouines et le Royaume-Uni se font uniquement par les avions de la Royal Air Force. Sinon, des liaisons maritimes occasionnelles sont assurées avec l’Europe et l’Afrique du sud.
Les militaires occupent une place importante dans l’île, même si on ne les voit pas !
Ascension a joué un grand rôle pendant les opérations militaires de la guerre des Malouines en 1982… qui seraient encore certainement Argentines si cette île n’avait pas existé !
Pour revenir à Georgetown, ce petit patelin compte deux hôpitaux (dont un à la base militaire américaine), une station radio côtière, un commissariat, une église miniature, un supermarché, un musée et une poste. Il est constitué de jardins de petits cailloux de lave, et de grandes et larges routes. Peu de monde se promène dans les rues, toute la population travaillant pendant la journée.
A côté de cela, l’île abrite de magnifiques et longues plages de sable blanc et fin, où d’énormes rouleaux venant du large viennent s’y éclater par séries. L’eau est bleue turquoise, comme aux Antilles, et on voit le fond par 20 mètres de profondeur. La grande plage de Clarence Bay accueille chaque nuit des dizaines de tortues vertes, qui viennent pondrent là où elles sont nées. Nous avons raté ce spectacle, mais avons pu observer leurs traces sur le sable, leurs œufs, ainsi que les trous de plus d’un mètre de profondeur qu’elles creusent pour y déposer une centaine d’œuf, qui éclosent 10 semaines plus tard.
Nous avons profité de l’eau claire pour aller se baigner sous le bateau, où des dizaines et des dizaines de carangues noires et de balistes noirs se baladaient. Ces balistes n’ont de noir que leur nom, puisqu’ils sont verts sombres avec le bec jaune moutarde, et le pourtour des yeux bleu métallique. Ils étaient beaux à voir, et surtout très voraces ! On aurait dit de vrais piranhas, puisqu’ils se jetaient en quelques dixièmes de secondes sur tout ce que l’on jetait par-dessus bord = croûtes de fromage, miettes de pain, citron, trognon de pomme, entrailles de poissons… c’était impressionnant et très drôle.
Les carangues, quant à elles, n’étaient pas du tout farouches, et venaient vers nous en banc entier, c’était chouette. On nageait en plein aquarium. Mais si l’une d’elles était trop entreprenante, un petit coup de palme la faisait vite déguerpir. C’est qu’elles ont quand même de petites dents pointues…
Puis, le meilleur pour la fin, nous avons tous les jours - particulièrement le matin - croisé de belles et grosses tortues vertes ! C’est superbe à voir sous l’eau. Elles étaient un peu apeurées lorsque nous nous en approchions de trop près, mais étaient jolies comme tout. Quel plaisir de nager avec toutes ces petites bêtes !
Nous avons fait une plongée sous-marine dans la baie. Il n’y avait pas beaucoup de poissons « comestibles » (quelques mérous et rougets), mais déjà plus de poissons qu’à Sainte Hélène = des poissons anges, des poissons perroquets, des aiguillettes, des murènes vertes, des poissons papillons, des poissons chirurgiens… Les fonds sous-marins commencent à être colorés !
Voilà pour notre petite escale à Ascension. Nous avons mis les voiles mardi 4 Avril, et faisons route depuis 5 jours vers l’archipel de Fernando de Noronha, près du Brésil. Nous en sommes à 400 milles, et avons passé la moitié de la route samedi matin. Le bateau est vent arrière, voiles en ciseaux. Le soleil tape dur, heureusement que la vaste mer est là pour nous rafraîchir ! On se bat tous sur le pont pour dégoter un malheureux coin d’ombre… Nous nous sommes encore fait manger des leurs, et n’avons pas réussi à remonter un seul poisson. Patience…
Vendredi, nous avons fêté l’anniversaire de Belou, avec du Vouvray, des cadeaux, des ballons et des pétards ! Vous voyez, on ne se laisse pas aller, et tout va bien pour nous !
Je crois qu’il y a encore un peu de glace sur les voitures le matin à La Rochelle… Oh, comme je n’aimerai pas être à votre place !! Hi Hi Hi.
Bon courage en attendant que le thermomètre se décide enfin à rester stable.
Je vous donnerai des nouvelles fraîches du Brésil, et vous transmet pour le moment le bonjour de tout l’équipage. A bientôt!
Hoelenn et le Notre Dame


Mercredi 29 mars 2006


Plein les yeux ! Une raie manta, un Napoléon, une tortue de 170 ans et un langoustier breton ; voilà tout ce qui vous attend à Sainte Hélène ! Comme dit Hoélenn : « ça vaut le détour ! ». Oui, sauf que ce détour est quand même de quelques dizaines de milliers de miles… surtout si, comme Notre Dame, vous n’êtes pas spécialement adeptes de la ligne droite. La liberté est un long zig-zag vers nulle part. A méditer.


Hello Hello !
Voilà des nouvelles du bateau… Nous avons quitté Sainte Hélène avant-hier, lundi 27 Mars, pour Ascension. Mais, je recommence au début…
Nous sommes partis du Cap jeudi 9 Mars, pas mécontent de mettre les voiles, de quitter cette ville trop grande pour nous, de sortir de cette escale technique pas très africaine !! Mais très sympa tout de même.
Nous avons d’ailleurs eu un beau départ, puisque des dizaines de baleines ont croisé notre route dans la baie de Cape Town, dont deux qui nous ont offert un sacré spectacle. Deux baleines franches, pleines de coquillages et de parasites, se sont retrouvées en pleine route de collision avec le bateau. Elles se sont rapprochées tout doucement… pour finalement finir à moins d’un mètre du bateau !!! Nous étions à la voile et n’avancions ,pas vite, mais j’étais à la barre, et je m’attendais à entendre un « poc » sur la coque tellement elles étaient proches… On aurait dit que la scène tournait au ralenti, et on entendait leur souffle rauque alors qu’elles respiraient, comme si elles étaient creuses. C’était magique. On distinguait parfaitement leur peau, leur tête, leur dos, leur taille… Au dernier moment, elles ont sondé en même temps, tout en douceur, sont lentement passées sous le bateau et sont ressorties 20 mètres plus loin… Youhouuuuu, magnifique ! Deux autres baleines ont sondé en sortant leur queue de l’eau. Ca n’arrêtait pas = là, il y en a une ! Et là devant, une autre ! Et là bas aussi !!! Ce fut une belle manière de quitter Table Bay…
Les 1 700 milles à parcourir pour rallier Sainte Hélène se sont bien passés. Nous avons pêché - un peu, pas trop - un thon albacore, deux bonites et deux petites dorades coryphènes. Le bateau a super bien marché pendant les 6 premiers jours (on a parcouru 500 milles en 3 jours, c’est bien !), avant de ralentir sur la fin, par manque de vent. Il a fait un temps superbe au départ, mais les grains sont arrivés, histoire de nous rappeler de ne pas encore trop profiter du soleil ! Nous avons malgré tout retrouvé le plaisir du vent arrière. On a sorti toutes les voiles, que l’on a gréée en « bonnettes » = le flèche d’artimon sous le génois, le foc rouge sous la grand voile…et zou !
Les grains se succédaient toute la journée, et nous n’avions droit qu’à de courtes accalmies. Mais la pluie n’étant pas froide, ce n’était pas trop désagréable, et puis, ça rince le bateau !
Nous avons eu le plaisir de croiser un immense banc de globicéphales, qui avançait lentement, ce qui nous a permis de bien les voir et de profiter de leur présence. Et puis, pour la petite anecdote, nous nous sommes fait attaquer par des calmars! Ils ont dû être effrayé par le bateau ou son ombre, sont sortis de l’eau (pour échapper au méchant prédateur que nous sommes), et sont passés par-dessus le bateau. Manque de chance pour une trentaine d’entre eux, qui est venue s’éclater sur la coque et le pont du Notre Dame… Le bateau était noir d’encre !
Malheureusement, nous n’en avons récupéré que 5 ou 6, mangés en fricassée à l’ail le soir même. Mmhm miam miam, c’était bien bon !
Voilà pour ce qui est de la première partie de notre troisième traversée de l’Atlantique ! Nous sommes arrivés à Sainte Hélène Mardi 21 Mars, dans l’après midi. Lorsque l’on arrive du sud, l’île ne semble être que falaises abruptes et arides, de 300 à 500 mètres de haut, entrecoupées par de petites vallées (le point culminant est Diane’s peak, qui culmine à 818 mètres). La première impression de l’île n’est pas vraiment la bonne. Elle semble être froide et peu accueillante, avec tous ces volcans marron et déserts, mais c’est tout le contraire. Elle doit sa célébrité à Napoléon Bonaparte, qui y a été « détenu» de 1815 à 1821, après sa défaite à Waterloo. Il y est mort. L’île a été découverte en 1502 par un portugais, le jour de la sainte Hélène. Les Britanniques l’ont reprise aux Hollandais en 1673, et l’occupent depuis.
Nous avons mouillés au nord de l’île, devant Jamestown, la principale localité. Nous étions d’ailleurs très étonnés de trouver 7 voiliers au mouillage (dont 5 français)… Zut, nous ne sommes pas seuls !!! Il y a visiblement de plus en plus de passage dans l’île. Jean-Pierre et Pitchoune étaient passés là il y a 15 ans, et étaient restés seuls au mouillage durant une semaine.
6 000 habitants vivaient à Sainte Hélène en 2002, dont 1 500 à Jamestown. Mais depuis cette date, les Saint Hélénois n’ont plus besoin de visa pour séjourner plus de 6 mois en Grande-Bretagne. La population est donc partie travailler là bas, et elle a quasiment diminuée de moitié sur l’île.
On trouve dans ce village un hôpital, une poste, plusieurs églises (baptistes, anglicans, catholiques, adventistes du septième jour, bahaïsme, armée du salut, nouveaux apostoliques et témoins de Jéhovah… Oui oui, rien que ça !), une banque, quelques commerces, un musée et une piscine olympique ! Il y a 3 rues principales à Jamestown, et quelques petites ruelles.
Les maisons sont anciennes et très colorées, c’est joli. Il y a également un escalier de 700 marches (il faut au moins ça) qui permet de grimper sur la falaise surplombant la ville…
tout l’équipage y est passé (mais que en descente, on est pas fou quand même), et avait les genoux flagadas et des courbatures pendant deux jours après cette escapade… sportifs du dimanche !!! Enfin 700 marches, c’est long quand même. Vous n’avez qu’à essayez de faire ça chez vous, au lieu de vous moquer ! Non mais… Cet escalier a été construit en 1829. Deux rails étaient installés de chaque côté des marches jusqu’en 1870, et servaient aux paysans pour remonter leurs récoltes accumulées durant la journée.
Il fait chaud, ça y est, on est sous les tropiques ! On a passé le Tropique du Capricorne quand nous étions en mer. Mais on peut parfois observer ici une matinée grise et pluvieuse, puis une après-midi très ensoleillée. Il y a aussi une nette différence de température entre Jamestown, située au bord de la mer et au fond d’une vallée, et l’intérieur des terres, où il fait plus frais.
Le bateau est le seul moyen de locomotion pour avoir accès à l’île. Il y a une liaison maritime tous les deux mois avec la Grande Bretagne et l’Afrique du sud. Mais le gouvernement prévoit de faire construire un aéroport en 2010. L’île vit grâce au Royaume-Uni. Une partie des habitants travaille là-bas, une autre à Ascension et aux Malouines. Car ici, les salaires sont très bas (un salarié gagne difficilement 300 Livres Sterling par mois !), et bien sûr, la vie est chère. Elle était plus facile avant l’arrivée des fibres synthétiques sur le marché du textile. En effet, la principale ressource de l’île était le lin, mais ce commerce a été ruiné. Les Saint Hélénois tentent de développer la pêche du thon albacore avec l’installation d’une conserverie, mais cela ne semble pas être très concluant…
Nous sommes partis nous promener pendant une journée avec Robert, un monsieur à la retraite qui propose aux touristes de découvrir l’île dans son pick-up «aménagé » ! Cette journée était superbe, et nous a permis de découvrir «l’autre» Sainte Hélène. Dès que l’on commence à rentrer dans les terres (en empruntant des routes en zig-zag le long des falaises, et qui montent, qui montent !), le paysage devient vert. L’île est constituée d’une végétation semi tropicale, de très belles fleurs pleines de couleurs, de petits arbres bien rangés, quelques potagers, des plants de cafés, des forêts d’eucalyptus, et des champs de flax (ou sisal). C’est le flax qui a été importé de Nouvelle Zélande en 1907, dont la fibre était récupéré pour faire du lin et du cordage. Le Teck et l’Iroko ont été introduits sur l’île, mais ils ne poussent pas vite et sont chers. Les termites, introduites par les bateaux d’esclaves, constituent un vrai fléau pour l’île. En effet, une maison construite en bois local aura une durée de vie de 2 ans à peine.
Nous avons aussi vu beaucoup de petits oiseaux : des canaries, des oiseaux rouges écarlates, des espèces de merles avec le bec et le pourtour des yeux jaune. Ils étaient très mignons. Nous avons croisé des vaches, des ânes, des chèvres, des moutons et des poules qui se promenaient tranquillement au milieu de la route. Avant, il y avait un drôle d’animal sur l’île : un perce-oreille géant !! Il mesurait 50 centimètres de long et plus. Cela devait être quelque chose… Mais le dernier à avoir été vu était en 1970. Les scientifiques étrangers les ont tous «volés» pour étudier ce drôle d’animal, qui n’a pas pu se reproduire. C’est dommage, car il était inoffensif, et plutôt hors du commun.
Il y a peu de fruits et légumes sur l’île, car un insecte détruit toutes les plantations. Ils réussissent quand même à faire pousser quelques mangues, prunes, pêches, salades et haricots verts. Des réservoirs d’eau de plusieurs milliers de gallons sont visibles au bord des routes. C’est l’eau de pluie qui y est récupérée. Elle passe d’un grand réservoir principal (qui ressemble un peu à un petit lac artificiel, ou à un grand lavoir) à ces plus petits réservoirs, qui ont des filtres. Les habitants sont autorisés à la boire mais pas à arroser leur jardin avec, par exemple, puisqu’elle est filtrée. La saison des pluies s’étale sur les mois de Juin et Juillet.
En continuant avec les drôles d’animaux, nous avons eu le plaisir de découvrir – dans le jardin du gouverneur ! – des tortues de terre énoooooormes. Cet animal carrément préhistorique a été importé des Seychelles, je ne sais pas pourquoi (pour amuser le gouverneur ??!!). Il y en a 5 ou 6 qui se promènent et broutent l’herbe, mais la plus réputée est Jonathan the Tortoise, qui a 170 ans. Elles valent le coup d’œil…
La promenade n’est pas finie, nous avons bien sur eu le droit à la partie « Napoléon ». Le tourisme repose essentiellement sur les lieux rappelant le passage de Napoléon dans l’île. Nous avons visité le « Pavillon Briars », où il a séjourné pendant 2 mois en arrivant à Sainte Hélène. Charmante petite maison coloniale, au milieu du calme et de la verdure… Puis nous sommes allés à « Longwood house », dernière demeure de l’empereur. Il vivait là bas « emprisonné » avec ses généraux et ses serviteurs, et avait à sa disposition une salle des cartes, un billard, un salon, un cabinet, une chambre, une belle salle de bain, une bibliothèque, une cour et un immense jardin ! Il était toute la journée épié par l’armée anglaise, qui craignait qu’il ne s’échappe. Il a donc passé les dernières années de sa vie cloîtré dans cette maison, ne supportant pas d’être surveillé, et y est mort d’un cancer de l’estomac. Nous avons été sur sa tombe, cela faisant parti des monuments à découvrir. Elle est installée au fond d’une petite vallée, un coin de paradis très beau et calme, entouré de magnifiques plantes. Son corps a été exhumé en 1841 et rapporté à Paris, aux Invalides. Voila pour le chapitre Napoléon !
L’île a, depuis 1516, toujours servie à recevoir des prisonniers (Napoléon, mais aussi le chef Zoulou Dinizulu, et 6 000 boers (dont le général Piet Cronje) pendant la guerre d’Afrique du sud), ainsi que quelques marins malades qui s’installaient à terre pour reprendre des forces.
La première habitation « permanente » de l’île a été établie par la « Compagnie Anglaise des Indes de l’Est », en 1659. L’île a également servie, dans les années 1840, de base aux vaisseaux royaux pour tenter d’arrêter le trafic d’esclaves arrivant d’Afrique de l’ouest. Des milliers d’esclaves sont passés par Sainte Hélène, et quelques uns d’entres eux s’y sont installés en temps que paysans ou domestiques.
En ce qui concerne la population, il y a énormément de métissage. Les habitants sont beaux. Leur sang est un mélange d’anciens esclaves noirs, mais aussi d’esclaves indiens, malais, malgaches et chinois, puis des britanniques et boers (blancs d’Afrique du sud, souvent hollandais) venus s’installer sur l’île. Que de mélanges !
Les Saint Hélénois sont très aimables et souriants, gentils et amicaux. Ils sont accueillants et nous ont toujours dit bonjour ou fait un signe de la main lorsque nous passions à côté d’eux. C’est agréable ! Ils sont de toutes façons réputés pour leur hospitalité, leur générosité et leur honnêteté. Sainte Hélène est renommée pour être un des endroits du monde le plus calme et le plus sécurisé ! Il y a certes une petite prison – très mignonne d’ailleurs – avec 3 ou 4 prisonniers, juste emprisonnés pour avoir fait du « grabuge » dans les bars un soir de fête.
Les Saints Hélénois parlent « saint », une sorte de dialecte anglais assez difficile à comprendre au départ, car ils parlent vite, ne placent aucun espace entre leurs mots, et parlent avec un fort accent. Mais on s’y fait ! Au début, on les fait juste répéter 3 ou 4 fois, ils ont l’habitude !! Nous avons fait de chouettes rencontres dans cette île. Ils sont très curieux, et nous demandent dès les premières minutes de discussions si on est marié, ou peut être fiancé alors ?, si on a des enfants, et quel âge on a, et est-ce qu’on veut être leur petit(e) ami(e) pour la durée de notre escale. C’est drôle.
Même s’ils voyagent beaucoup pour travailler, ils sont très fiers de leurs origines, et n’oublient jamais Sainte Hélène. Ils finissent toujours par y revenir.
C’est pendant le week-end que les Saint Hélénois font la fête. Les 4 bars de Jamestown sont ouverts le vendredi et le samedi, et allument leur musique à fond ! Nous avons passé un vendredi soir à terre, c’était drôle, ils se demandaient tous un peu ce que nous faisions là, et nous étions un peu «l’attraction» du soir ! C’était très sympa.
Pour ce qui est des communications, l’île s’est fait installer le téléphone en 1990, et la télévision en 1995. Cela a eu un fort impact sur la population puisque, pour la première fois, ils recevaient des informations du monde extérieur directement chez eux !
Un petit mot sur la scolarité. Il y a 4 écoles dans l’île = une pour les enfants de moins de 5 ans, une pour ceux de 5 à 8 ans, une autre de 8 à 11 ans et la dernière pour ceux de 11 à 15 ans (qui existe depuis 1988 seulement). A 15 ans, les élèves ont la possibilité de passer un examen ou d’aller travailler. S’ils passent cet examen et qu’ils sont reçus, alors ils restent à l’école jusqu’à leurs 18 ans. A cet âge là, ils peuvent partir étudier à l’université, en Grande-Bretagne. Mais peu de personnes décident de passer cet examen final.
Voila pour la petite description de Sainte Hélène, une île qui vaut vraiment le détour ! Quand à la vie à bord, elle est paisible… Nous avons bien profité du fait d’être au mouillage pendant cette escale. C’est bien plus agréable que le port. On a retrouvé le plaisir de se baigner matin, midi et soir dans une eau très claire : quel bonheur !
La descente à terre, assurée par un petit bateau appelé « ferry service», était folklorique. Comme il y a très souvent une forte houle du large qui vient s’écraser sur la côte et le quai, un grand portique a été installé pour aider les gens à descendre à terre sans risquer de faire un trou dans l’eau d’abord. Des bouts (cordages) avec des nœuds sont amarrés à ce portique, et on joue un peu à Tarzan pour débarquer sur le quai : on attrape un de ces bouts, et on se lance ! Au début cela surprend et puis, c’est comme tout, on s’y fait. Il faut prendre le geste, après c’est de la rigolade !!
On a aussi repris l’habitude d’aller faire de la chasse sous-marine (en apnée). Un fusil (ou harpon) chacun, et plouf, nous voilà à poursuivre les poissons et à leur envoyer nos flèches dans le bide. Pas sympa, mais les poissons, ça fait pas de bruit, même quand ils ont mal, et qu’est-ce que c’est bon !! Nous nous sommes fait de sacrées fricassées de « big eyes », un petit poisson rouge, avec des gros yeux et une chair très tendre. Un vrai délice.
Nous avons fait de belles rencontres à terre, mais aussi sur l’eau. A notre arrivée, Portzic, un langoustier de Camaret de 27 mètres de long, était au mouillage, avec à son bord Roger, Jacqueline et Jonathan - 12 ans, le plus jeune de leurs enfants. Ils naviguent depuis plus de 30 ans et gagnent leur vie en pêchant. Ces dernières années, ils ont fait des campagnes de pêche de langoustes à Tristan Da Cunha, et depuis 3 ans, ils pêchent le thon à Sainte Hélène. Puis «Azenon », avec Jean-Paul et Sabine, respectivement de La Rochelle et de Fouras. Jean-Paul a acheté la coque nue de son bateau (un ketch) dans les années 80 et en a construit l’intérieur. Ils naviguent depuis près de 25 ans, et gagnent leur vie en pêchant de jolis coquillages de collection dans le monde entier. C’était sympa de rencontrer ces « bourlingueurs des mers » !
Sinon, nous avons eu droit à deux MEGA surprises, qui sont apparues comme ça, derrière le bateau. Tout d’abord, une belle raie manta de plus de 3 mètres d’envergure, qui est restée stagner sous l’annexe et derrière le bateau pendant près d’une heure. C’était beau, elle volait dans l’eau. Cet animal est très gracieux, et fait des mouvements tout en douceur… Il a une longue queue mais n’a pas de dard. Il faut juste faire attention à ne pas se faire plaquer au fond de l’eau et rester coincer sous ses ailes. C’est sa manière de jouer avec l’homme mais cela peut être mortel pour nous si l’on se retrouve sans air dans nos poumons !
Puis le lendemain, et ça c’était le top du top, un requin baleine est à son tour venu chatouiller le bateau ! Il nous a tourné autour, tout doucement, pendant 2 heures. On a profité de ces deux occasions pour sauter à l’eau et aller nager avec eux. Le requin baleine faisait entre 8 et 10 mètres. C’est en fait un très gros requin, avec une grande bouche plate et de nombreux ailerons. Il fait penser à la baleine à cause de sa taille, et parce qu’il mange du plancton (il est donc inoffensif). Il a aussi des milliers de taches blanches sur tout le corps, c’est superbe. Nous nous sommes accrochés à lui, à ses nageoires, à ses ailerons, à sa queue, nous l’avons caressé, nous lui avons tourné autour, nous l’avons observé sans se lasser… On a dû l’embêter un peu d’ailleurs, mais c’était pour la bonne cause… On ne croise pas un requin baleine tous les 4 matins. C’est indescriptible comme spectacle, il faut le vivre pour ressentir l’excitation que l’on a ressenti à être près d’une grosse bête comme celle là. Toujours est-il que c’était impressionnant et magnifique à la fois, c’était GRANDIOSE ! Et inoubliable…
Je pense qu’elles ont pris le bateau et l’annexe pour leurs copains, car elles n’ont pas été tourner autour des autres bateaux du mouillage… On a eu de la chance !
Voilà pour les trésors de la vie sous-marine… Nous avons été gâté depuis notre départ du Cap.
Sainte Hélène restera une escale bien agréable. Nous sommes maintenant en mer depuis 3 jours. Nous avons passé les 2 premiers jours au moteur, car il n’y avait pas un souffle d’air. Du coup, nous avons remis l’échelle à l’arrière du bateau, et on s’est baigné en attendant le vent, car il fait hyper chaud ! Hier soir, le vent a bien voulu faire son apparition, et nous avons coupé le moteur. Nous sommes vent arrière, et marchons à 7 nœuds, impeccab’ ! Il nous reste 460 milles jusqu’à Ascension, où nous ne resterons pas longtemps.
Ce matin, nous avons pu profiter d’un beau spectacle dans le ciel : une éclipse de soleil ! L’éclipse totale était en Afrique centrale, mais nous avons quand même pu observer un « quartier de soleil » pendant près d’une heure. C’était joli. Nous avons utilisé un verre de masque à souder pour ne pas s’abîmer les yeux.
J’ai entendu dire que c’était le printemps par chez vous… OUF ! J’imagine que vous appréciez ce début de hausse des températures… !!! J’espère que cela va durer, car je crois que l’hiver a été long pour tout le monde. On a bien fait de partir !
Je vous abandonne la, j’ai encore été trop bavarde aujourd’hui.

Une bise de la part de tout l’équipage ! A bientôt.

Hoelenn

 


Mardi 7 mars

Sainte Hélène, priez pour nous ! Alors que Notre Dame s’est refait une beauté pendant son escale africaine, Sœur Hoé a fait pénitence et se confesse. Va, fille des océans, trois pater deux ave et un coup d’rouge des vignes locales suffiront pour cette fois. Mais n’oublie pas d’ouvrir régulièrement ton missel de bord et de nous rassurer sur la droiture morale de cet équipage interlope et néanmoins si cher à nos cœurs de terriens.

Bonjour tout le monde !

Après la belle et magique Géorgie du Sud, et notre courte escale de trois heures à Tristan Da Cunha, nous avons débarqué en Afrique du Sud. Nous sommes arrivés au Cap le 23 Février, après 28 jours de mer quasi non-stop et cinq jours d’avance sur notre « programme » !
La fin de notre deuxième traversée de l’Atlantique s’est bien passée, même si nous sommes restés plusieurs jours sans un souffle d’air. Nous en avons profités pour se baigner dans l’eau encore fraîche du sud, et pêcher de jolis thons !
Nous avons vu les premières formes de l’Afrique au petit matin : le Cap de Bonne-Espérance, que nous avons longé, puis Table Mountain, cette grande montagne qui surplombe la baie de Cape-Town. Elle porte ce nom car son sommet est aussi plat qu’une longue table. Avant de remonter vers le Cap de Bonne-Espérance, nous avons fait une route Sud, à la hauteur du Cap des Aiguilles, qui est en fait le cap le plus sud de l’Afrique. Nous avons donc été dorloté par la grande houle de l’Océan Indien, qui fait le tour du Cap des Aiguilles, remonte dans l’Atlantique, et forme de drôle de tourbillons de courant (que nous n’avons heureusement pas croisé).
Dans la matinée, en s’approchant de la côte et de la ville, une baleine franche est sortie de l’eau juste à quelques mètres du bateau, c’était pour nous accueillir ! Un « mola-mola » pataugeait pas loin. C’est un poisson plat qui ressemble à un poisson-lune. Et des milliers de sternes s’envolaient au passage du Notre Dame… Belle arrivée…
Nous avons trouvé une place dans le grand «Waterfront », au « Victoria and Alfred Basin ». Un endroit très touristique mais pratique ! Nous n’avons pas pu faire les papiers d’immigration et de douane tout de suite, les bureaux étant fermés. N’ayant pas le droit de quitter le bateau tant que tous n’étaient pas en règle, nous en avons profité pour nettoyer le bateau de fond en comble ! Rinçage du pont, du roof, de l’intérieur du bateau, des placards, des cabines : tout y est passé !! Il brillait comme un sou neuf. Passage d’acide sur la coque pour retirer la rouille qui s’y était allégrement installée, peinture blanche pour qu’il brille encore plus, cuivres frottés… Et fiesta le soir pour fêter notre arrivée, évidemment !! Nous avons passé une bonne partie de la soirée sur un trois mâts canadien, mais c’est bizarre, ils n’ont pas réitéré leur invitation…
Les jours sont vites passés ensuite, nos journées ont été bien occupées. Le Cap était une escale technique, nous n’avons pas fait beaucoup de tourisme. Cette ville est agréable, même si cela nous a vraiment fait drôle de revenir vers la « vie terrestre », de retrouver les buildings, les voitures, le bruit de la ville, même les gens ! Des gens partout, à gauche, à droite, à chaque fois que l’on tournait la tête !! Incroyable. Cela ne nous était pas arrivé depuis deux mois…c’est une bonne excuse ! On est donc passé par quelques jours de « réadaptation à la civilisation » !!! C’est très sympa d’aller se balader en ville par ici, de découvrir les vieux monuments colorés, de rencontrer des gens, de discuter avec eux et d’en apprendre un peu plus sur leur vie. Et nous avons bien sur eu BEAUCOUP de plaisir à retrouver le soleil et la chaleur ! C’est encore l’été ici, et je peux vous dire qu’il fait chaud. C’est parfois une chaleur étouffante qui nous empêche de sortir entre midi et 16 heures, sous peine de finir à quatre pattes, écrasé par le soleil africain. Cela nous change des icebergs de l’Atlantique sud !
Il n’y a pas vraiment de traces visibles de l’Apartheid dans les relations entre noirs et blancs, ou entre ethnies, même s’il subsiste un « Apartheid social », si je peux dire cela comme ça. Les blancs ont tout, vivent richement, luxueusement, conduisent de belles et grosses voitures, vivent dans de grandes maisons protégées et détiennent de hautes fonctions dans leur travail, ce qui est bien souvent tout le contraire pour les noirs. On peut ressentir parfois quelques tensions dans les échanges.
Mais finalement, les plus gros malaises se trouvent dans le fait que ce sont les africains entre eux qui ne s`entendent pas. Lorsque l`on discute un peu avec des africains etrangers, ils nous expliquent qu`ici, passe 18 heures, il ne se sentent plus en securite, qu`il y a beaucoup de violence et de criminalite, et qu`ils n`attendent qu`une chose, c`est de retourner dans leur pays d`origine… Et puis, la majorité des enfants des rues et des personnes vivants dans des « Townships » (les bidonvilles) ou faisant la manche (et il y en a beaucoup) ne sont pas Sud-africains, mais Congolais, Tanzaniens, Ougandais, Rwandais… Ils viennent dans les grandes villes depuis la fin de l’Apartheid pour fuir leur pays en guerre ou tenter de trouver un travail, et se retrouvent très souvent « le bec dans l’eau », sans argent pour vivre et nourrir leur famille, dans un pays inconnu ou ils ont peurs. Même les Sud-africains rencontrent des difficultés pour trouver un travail décent et bien payé…
A part cela, le pays déborde d’un artisanat magnifique. Des masques africains bien sur, mais aussi des bijoux en argent ou en os, des bracelets en poils d’éléphant, des statues d’ivoire, d’ébène ou de teck, des peaux de bêtes, des œufs d’autruches décorés, des colliers et bracelets en perles très colorés, des chapeaux, des peintures sur tissus, de belles tentures, des vêtements africains taillés sur mesure, des pics de porcs-épics et autres objets typiques… C’est mauvais pour la bourse de rester trop longtemps par ici !!
Les Sud-africains font également du bon vin… Alors la cave du bateau s’est remplie de nouveau ! Nous avons d’ailleurs loué une voiture pour aller nous balader pendant une journée. Nous voulions découvrir les villages et la culture africaine. Malheureusement, la majorité des villages et des tribus se trouve dans les terres ou sur la côte Est du pays, côté Océan Indien. Trop loin pour nous. Nous nous sommes alors « rabattus » sur une promenade dans le nord de Cape-Town, et avons suivi le début de « la route des vins »… C’est plus le pays « Afrikaners », les blancs venus s’installer ici pendant l’Apartheid (qui a commencé en 1948 et s’est terminé en 1991…). Les maisons n’ont rien des maisons africaines, et les petits villages que nous avons traversé non plus. Mais les paysages sont superbes !! De longues chaînes de montagnes parsemées de champs de cailloux et de gros rochers, accrochés au versant de la montagne par on ne sait quelle magie… Des vignes bien vertes et bien rangées, de grands arbres, la route qui passe à travers tout cela et qui croise les chemins de fer tordus… C’était vraiment beau et agréable à visiter. Nous nous sommes arrêtés dans deux ou trois caves à vins (juste pour goûter)… Sur la route du retour, on a eu le bonheur de croiser quelques babouins qui traversaient la route ! Nous nous sommes arrêtés pas loin de leur falaise et avons été les voir de plus près. Ces petits malins nous jetaient des cailloux pour tenter de nous éloigner ! Le chef, le plus gros, le plus vieux et le plus poilu, dominait cette grande famille et surveillait les mouvements de chacun des singes. Les petits jouaient dans les arbres et grignotaient des branches. Les autres se couraient après, se grattaient, s’asseyaient sur la falaise pour nous regarder ou se « cherchaient les poux » !! C’était excellent, vraiment drôle de les observer. Voila pour la petite promenade…
Nous devions quitter le Cap hier – Lundi 6 Mars. Malheureusement, nous avons encore des problèmes de voiles… Le gennaker a éclaté lors de la remontée vers Tristan, par 20 nœuds de vent (c'est-à-dire pas beaucoup), alors qu’il aurait du tenir beaucoup plus, et la grand-voile souffre encore, se décou et fait des siennes. Génial. Nous avons déposé les voiles chez un voilier lundi de la semaine dernière, et devions les récupérer vendredi. Nous avons appris vendredi soir qu’ils n’avaient pas encore commencé à travailler dessus. Visiblement, cela commence à bouger depuis hier. Nous espérons maintenant partir jeudi matin. Du coup, on en profite pour continuer à bosser sur le bateau : on cherche les fuites, on repasse du goudron sur les joints du pont, on re-calfate quelques petits trous dans la coque, on refait les vernis…
Un nouvel équipier a embarqué la semaine dernière, Eric, un français installé au Québec depuis 20 ans. Alors nous profitons de l’accent canadien qu’il a vite adopté, on découvre de drôles d’expressions, et on rigole bien ! Philippe et Cathoune, qui étaient à bord depuis l’Argentine, ont débarqué hier soir et ont repris l’avion pour la France. Nico a également repr